Troisième Discours sur les trois Unités* {Trad
premier acte, Polyphonie vient trouver la reine : celle-ci le quitte après la troisième scène : de quel droit Polyphonte demeure-t-il dans la chambre de la reine? Cette chambre est-elle le lieu le plus convenable pour ses libres entretiens avec ses confidents? L'embarras du poëte ne se montre que trop visiblement dans la quatrième scène, où nous apprenons deux choses qu'il est nécessaire que nous sachions; mais nous les apprenons dans un lieu où nous ne pouvions nous y attendre.
IV. « Il arrive souvent à Maifei de ne pas motiver rentrée et la sortie de ses personnages. » Et il n'arrive pas moins souvent à Voltaire de les motiver faussement; ce qui est encore pis. Il ne suffit pas qu'un personnage dise pourquoi il vient; il faut encore qu'on voie, par la suite des faits, qu'il devait venir pour celte raison. Autrement les explications que le poëte lui met dans la bouche ne sont qu'un prétexte, et non un motif. Quand, par exemple, dans la scène m de l'acte II, Euriclès sort pour rassembler, à ce qu'il dit, les amis de la reine, il faudrait qu'on reçût ensuite quelques nouvelles de ces amis et de leur rassemblement. Mais comme nous n'en entendons plus parler, l'allégation d'Euriclès ressemble à un prétexte d'écolier disant : Peto veniam exeundi^^ avec le premier mensonge qui lui vient h l'esprit. Euriclès ne sort pas pour faire ce qu'il dit; mais pour revenir, deux vers après, avec une nouvelle que le poëte ne savait par qui faire annoncer.
Voltaire est encore plus maladroit lorsqu'il s'agit de la conclusion d'un acte. A la fin du troisième, Polyphonie dit à Mérope que l'autel l'attend, que tout est prêt pour l'union solennelle, et là-dessus, il s'en va, avec un «Venez, madame. » Madame ne le suit pas, mais elle pousse une exclamation, et sort par une autre coulisse. Là-dessus, Polyphonte rentre en scène pour le quatrième acte, sans témoigner aucunement son mécontement de ce que la reine ne l'a pas suivi. Et en effet il se trompait : on a encore le