‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 116 sur 226 · DES VEUVES DANS L'ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

DES VEUVES DANS L'ANTIQUITÉ

bler seulement pour Égisthe : car je suis si mal disposé pour Mérope, que je serais presque bien aise, en ce qui la concerne, de la voir achever ce coup... Plût au ciel qu'elle l'eût fait ! Puisqu'elle peut prendre son temps pour la vengeance, elle aurait bien dû le prendre aussi pour les informations! Pourquoi n'est-ce qu'une bête altérée de sang? Elle a tué son fils : tant mieux!... Que dans la fièvre du premier moment elle fasse du prétendu meurtrier ce qu'elle voudra, je le lui pardonne : elle est femme et mère; je m'affligerais même et me désespérerais avec elle, si elle se trouvait exposée à maudire son premier emportement. Mais quoi, madame, vous voulez tuer un jeune homme qui tout à l'heure vous intéressait tant, en qui vous trouviez tous les signes extérieurs de la loyauté et de l'innocence! Vous voulez le tuer comme meurtrier de votre fils, parce qu'on trouve sur lui une vieille armure, que votre fils seul devrait porter î Vous voulez le tuer de votre propre main sur la tombe de votre époux, et pour ce dessein vous appelez à votre aide des gardes du corps et des prêtres!.. Ah ! fi, madame ! Je me trompe fort, ou bien k Athènes on vous eût sifflée.

Est-ce encore un vice du sujet, que la manière indécente dont Polyphonie exige au bout de quinze ans la main de Mérope, qui n'est plus jeune? J'ai déjà touché ce point ^ D'après la fable d'Hygin, Polyphonte avait épousé Mérope aussitôt après le meurtre de Gresphonte; et il est trèsvraisemblable qu'Euripide lui-même avait admis ce fait de la même manière. Et pourquoi pas? Les raisons qu'Euriclès fait valoir, dans Voltaire, pour persuader à Mérope de donner sa main au tyran au bout de quinze ans^ n'auraient

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