Voici le passage auquel l'auteur fait allusion
« Callirrhoé se retira dans l'appartement d'en haut^ s'enferma, plaça devan. dis L'image de Cbéréa (son époux), et parla ainn :
• Soûa voici trois réunis^, le mari, la. £smme et TénfaBi. Délibénons suc notée intérêt commun. Je donnerai mon avis la première. Je veux donc mourir fidèle à mon. cher Chéréa. Plutôt renoncer à mes parents , à ma patrie et à l'enfant que je porte dans mon sein, que d-'ac:;epter un autre épouit t — Et toi, enfant, que pœé^ fères-tu ? Périr par le poison sans avoir vu le jour, êtce jeté à l'écart avec ta mère, sans obtenir même l'honneur d'une sépulture? Ou bien vivre et avoir deux père», l'un, prince de SioUe et l'autre d'Ienie? Devenu Homme , ta te feras facile^ ment reconnaître de ceux de ton sang. Cac, j'en ai la conviction, tu ressemblerai à ton père. Porté en grand appareil sur une trirème milésienne , tu retourneras dans ta patrie. Hermocrate- même recevra- avec joie son petit>-filff déjà préparé'» l'exercice du commandement. — Allons, tu as mis dans l'urne un suffrage contraire au mien, enfant, et tu ne nous permets pas de mourir. Interrogeons maintenant ton père à son tour, et prêtons l'oreille à sa voix. Mais il a déjà exprimé son avis. Car il m'est apparu ea songe , et n^'adit i « 0 mon épouse , je dépose en toi l'enfant comme un gage. » Xe te grcndhà témeia, Chécéa,. c'est tel qui me conduis dans les bras de Denya I »
« Elle passa tout le jour et la nuit uiWante dans- cas caisonnemenls , et elle se laissait persuader de vivre,, non pour elle-même, mua- dan»- l'intérêt de l'enfant qu'elle portait. » (Chariton d'Aphrodise, Des Amomm^dA Chéréa et de Callirrhoé y 1. II, 8-12.) {Trad,)
DU ROLB D'EOISTHK. 231
aèOMS que Voltaire met dans la boache d*£uriciès aufaient été Une justification suffisante de la conduite de Mémpe, s'il Tavait présentée dès le début eoinme l'épouse de PolyphoBte. Les froides scènes d'amour politique auraient •disparu; et j'aperçois plus d'un moy^n de rendre l'intéré beaucoup plus vif encore et les situations beaucoup plus <lramatiqnes par cette circonstance même.
Mais Voltaire voulait rester absolument dans la voie que Maffei lui avait frayée ; et comme il ne lui est pas venu à Tesprit qu'il pût y en avoir une meilleure, ni que la meilleure était pi^écisément celle qui avait été suivie dès l'antiquité, il s'est contenté de débarrasser la sienne de deux -ou trois grains de sable, sur lesquels il pense que son prédéeessetir a failli tomber. Plût au ciel du moins qu'il eM 'Coiiservé le trait suivant L..
Ëgisthe, ne sachant pas qui il est, arriva par hasard à Messène, et se trouve conduit par une suite d'indices amtbigus à soupçonner qu'il est le meurtrier d'Ëgisthe luimémet...
Dans Euripide, Égistbe se connaissait parfaitement; il irenait à Messène exprès pour se venger, et se donnait lui-même pour le meurtrier d'Ëgisthe. Seulement il ne se dévoilait pas à sa mère, soit prudence, soét défiance, soit ^enfin toute autre cause; ei certainement le poète ne l'a pas laissé manquer de raisons pour agir ainsi.
J*ai prêté plus haut^, de mon propre fonds, à Maffei quelques motifs pour justifier tous les changements qu'il a fait subir au plan d'Euripide. Mais je suis loin de considérer ces motifs comme graves, et ces changements comme heureux. Je serais plus disposé à déclarer que chaque fois -qu'il s'est écarté des traces du Grec, il a fait un faux pas.
Chez lui, Égisthe ne se connaît point; c'est par un ha* sard qu'il vient à Messène; c*est par u une combinaison d'accidents'» (commia s'exprime Maffei), qu'il est pris .pour le Hieurtrier d'Égisthe. Tout cela ne donne pas seu*