‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 161 sur 226 · Aetn SaacKse · texte numérisé non relu

Aetn SaacKse

2. 2« partie, p. 192. {Note de Vauteur.) — Le roman d^Agathon , par Vfîelànd, parât en i7d6. If^rn n'a-voiis pu retrouver le passape cit6 par Ltssmgdan» l'édilion que nous avons entre les mains (Carlsrulie, 1777). {Trad.)

wt^m^Booea^s

AGATHON, DE WISLAND.

iet x^omèften je radiDii*e que de ne le dire nulle ipart. Je remarque avec le plus extrême chagrin quel profond silence nos critiques gardent sur ce livre, ou de quel ton froid et indifférent ils en parlent. C'est le premier et le seul roman que nous ayons d'un goût classique et composé pour les gens qui pensent. — Quoi! un roraao! — Nous ne voukMas ^as lui donner d'autre titre : peut-êtreoe-lalui atlirena-i-ii quelques lecteurs de plus. Quant au petit nombre de ceus. que cela lui ferait perdre, il n'y a pas d'ailleurs à s'ea soucier.)

(n° lxx, i*^ janvier 17^8). — Si, dis-jc, dans cette comparaison \ l'humeur satirique ne perçait un peu trop, on pourrait considérer ce passage comme une excellente apologie du drame tragi-comique ou comico-îragique (que j*ai vu une fois, dans fun titre, désigné sous le nom de pièce mixte ^), Ge serait, le meilleur développement quoa pût Mre de la pemsée de Lope de Véga. Mais en mtème leraips c'^ffl iseraiît la réfutation. Car, que s'ensuivrait-il? Que l'exemple de la nature, par lequel on prétend justifier ici l'alliance de la gravxté la pins solennelle avec le comique bouffon, pourrait aussi bien servir à justifier tout monstre draraatique, où l'on ne trouverait ni plan, ni liaison, ni scfi» commun. li alors il faudrait cesser de considérer l'imitation de la nature comme le fondement de l'art; ou bien par cela même l'art cesserait d'être l'art. 11 se réduirait à quelque chose d'humble comme ast le talent *d'imiteT en plâtre les veines du marbre. Quoi qu'il fit, ses œuvres ne seraient jamais assez étranges pour n« pas pouvoir passer pour nsaturelles ; om ne ^cooitesterait ce mérite cfu'à ï^i qui produiraât lune oeuvre trop symétricpie, llTop bien propdwtionnée et combinée, quelqite chose enfin de ce que fait l'art dans les autres genres. En ce sens, l'œuvre aii il y aurait le plus id'art serait la plus maïu^Eaise, et l'œuvre in plus grossière serait la meilleure.

i. Voyez i la-p»^ .préeédente. Ntttt&m'&v4>iM pms cru^pouvfiir^téner la bizarre ordonnance de ce passage. (Trad.) 2. Mis9h$piel,

326 QUARANTE-QUATMEME SOIREE.

Si notre auteur avait parlé en critique, il se serait énoncé tout autrement. Ce qu'il défend ici avec tant d'esprit, il l'aurait sans doute condamné comme l'œuvre bâtarde d'une époque barbare; ou, du moins, il n'y aurait vu que les premiers essais de l'art renaissant au milieu de peuples peu civilisés. Et quant à la forme de ces drames, il l'aurait attribuée au concours de diverses causes extérieures où le hasard avait joué le principal rôle, où la raison et la réflexion n'avaient eu que la plus petite part, et peut-être n'en avaient eu aucune. Il n'aurait guère osé dire que les premiers inventeurs du genre mîx^e (puisque le mot existe, pourquoi ne m'en servirais-je pas?) «se sont proposé d'imiter fidèlement la nature, autant que les Grecs s'étaient appliqués à l'embellir. »

Les mots « fidèlement » et « embellir », quand on les applique à l'imitation et à la nature considérée comme objet d'imitation, donnent lieu à divers genres de malentendus. Certaines personnes ne croient pas qu'on puisse imiter trop fidèlement la nature : selon elles, même ce qui déplaît dans la nature, plaît dans une imitation fidèle, grâce à l'imitation. D'autres tiennent pour chimère l'idée d'embellir la nature: une nature qui prétend être plus belle que la nature n'est plus, disent-ils, la nature. Ces deux sortes de juges se proclament adorateurs de la seule nature, telle qu'elle est : les uns n'y voient rien à éviter, les autres rien à ajouter. Les premiers devraient donc nécessairement goûter les pièces mixtes du genre gothique, et les autres goûter difficilement les chefs-d'œuvre des anciens.

Et cependant il n'en esC rien. Comment cela se fait-il? Comment se fait-il que les premiers, avec toute leur admiration pour la nature la plus vulgaire, la plus familière, se soient néanmoins prononcés contre le mélange du pathétique et du bouffon? Comment se fait-il que les autres, tout en trouvant monstrueux ce qui prétend être plus beau que la nature, aient cependant parcouru tout le théâtre grec» sans être aucunement choqués sur ce point? Comment expliquer cette contradiction?

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