‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 18 sur 226 · LE THEATRE DE HAMBOURG · texte numérisé non relu

LE THEATRE DE HAMBOURG

Biélier : le ehef de troupe se laisse ordinaireiiieiil d'antaBit plus aller à des calculs égoïstes, qu'il confiait mieux sa clientèle et qu'il sait mieux ce qu'elle peut rapporter de profits et de pertes.

Ainsiy n'eûtr-on rien fait de plus ici que de former une société d'amis du théâtre, pour mettre la main à l'œuvre el diriger ks travaux suivant l'intérêt général, on aurait d^à, par cela seul, accompli ub grsmd progrès. Car cette seule m0diâcati(Hi, pour peu que la faveur publique s'y joigne, peut aisément et rapidement amener toutes les autres amé^ Ikirations que réclame noire théâtre.

Mi le dévouement, ni les irabventions ne feront défaut : ceci est assuré. Manquer»-t-il quelque chose du e6lé du fptA et des lumières? C'est ce que le temps nous appren-^ dra. Et s'il devait se trouver dans notre théâtre qigretque cfaose de défectueux, ne dépend-il pas du poblie de le faire réformer? Que le public vienne, qu'il vme et qw^il enteftde; et, après avoir examiné, qu'il juge. Sa voix ne sera jamaii^ ééoutée sans respect; son jugement ne sera jamais accueilli qu'avec déférence.

Seulement^ il ne faut pa» que chaqae petit crique se prenne pour le pviblic. C€^i doiïl les espérasces auront été trompées devra se demander (te qnei genre étaieni ses efifiérauces. Tout âiuatecnr n'est pas> cettnaisseur : parce qu'on apprécfô les beautés d'une certaine pièce et le jeu d^un eeftain acteur, il ne s'ensuit pas qa'oft s^oif en état de jager de tOBft le r.este. On n'a pas de goût quand on n'a de goût que pour une seule chose, et souvent! (m lî'eû eirt epe phes pas^eirné. Le vrai goét esl ceM qui s'éfend arux kaaalés de tcntgeciye, mais qui n'afte»d decbt^que genre qaa la salisfacticH) el les jornseanees qu'à peut éhmef.

Une seèrïe en voie de fonmalion a bien 6éis iegfês h gravir pour atteifndre k ht perfection ; une scène gâtée est natarellem^nt encore plas loin d« Irtrt. Je crains hîett ^a ta scè»e allemanâe ne smidu seotmd gâire plutôt que du f»resiier.

Il s'ensuit que tout ne pe«f pas se fetre en un jouf . Mafs*

ce qu'on ne voit pas grandir, on le voit tout grand au bout de quelque temps. Le plus lent marcheur, s'il ne perd pas son but de vue, va encore plus vite que celui qui erre au hasard.

Notre Dramaturgie sera une revue critique de toutes les pièces qu'on représentera; elle suivra pas à pas tous les progrès que la poésie et l'art dramatique pourront faire ici. Le choix des pièces n'est pas peu de chose; mais qui dit choix dit variété et abondance : si les pièces qu'on représentera ne sont pas toujours des chefs-d'œuvre, on voit à qui l'on devra s'en prendre. En attendant, il est bon que le médiocre ne soit donné que pour ce qu'il est : ainsi le spectateur, s'il n'est pas satisfait de ce qu'il voit, apprend du moins à juger. Pour former le goût d'un homme qui a l'entendement sain, il suffit de lui déduire les raisons qui font que telle chose ne lui a pas plu. Certaines pièces médiocres doivent aussi être maintenues au répertoire, parce qu'elles renferment des rôles supérieui's, où certains acteurs peuvent manifester toutes les ressources de leur talent. On se garde bien de rejeter une composition musicale parce que les paroles en sont pitoyables.

Le plus grand mérite d'un critique dramatique est de savoir distinguer partout et d'une manière infaillible la part du plaisir ou du déplaisir général qui doit être mise au compte de l'auteur, et celle qu'il faut imputera l'acteur. Blâmer l'un pour les fautes de l'autre, c'est les perdre tous deux. On décourage le premier et l'gn rend le second présomptueux.

L'acteur surtout doit désirer qu'on observe en ceci l'impartialité la plus stricte. On peut toujours revenir sur un jugement concernant l'auteur : son ouvrage reste et peut en tout temps nous être remis sous les yeux. Mais l'art du comédien est fugitif dans ses productions. Le bon et le mauvais s'y évanouissent avec une égale rapidité ; et souvent si Tun a produit une plus vive impression que l'autre sur le spectateur, il faut s'en prendre à l'humeur de celuici, plutôt qu'à l'acteur lui-même.

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