LE DUC MICHEL
sur trait, jusqu'à ce que des personnages caractérisés devinssent des caractères personnifiés; jusqu'à ce que des êtres vicieux ou vertueux devinssent de vrais squelettes de vices et de vertus.
J'interromprai ici ces observations. Que ceux qui en sont capables en fassent l'application à notre Richard.
Quant au Duc Michel^ dont la représentation a suivi celle de Richard^ je n'ai pas besoin d'en. parler. Sur quel théâtre n'est-il pas joué? Qui ne l'a vu ou lu? Krùger n'y a que le moindre mérite; car tout est pris dans un conte des Articles de Brème ^. Les nombreux traits de bonne satire qui s'y trouvent appartiennent à l'auteur de Tarticle, ainsi que toute la fable. La forme dramatique appartient seule à Rrûger. Et cependant notre scène a beaucoup perdu dans la personne de cet auteur *. Il avait du talent pour le bas comique, comme ses Candidats le prouvent. Mais dès qu'il veut être touchant et noble, il devient glacial et affecté. M. Lœwen a réuni ses écrits, parmi lesquels on regrette l'absence des Ecclésiastiques à la campagne. C'était le premier essai dramatique de Krùger : il l'avait fait étant encore étudiant au Cloître-Gris, à Berlin.
QUARANTE-NEUVIÈME SOIRÉE. — La Femme qui a raison^ de Vollaire. —
A-t'il des Aïeux? de TAffichard.
Le 49« soir (jeudi, 23 juillet), on a joué La Femme qui a raison, comédie de M. de Voltaire; et, pour terminer, on a rejoué la pièce de l'Affichard, A-t-il des aîeicx^?
i. Bnmiêchi BeiPmege. Le vrai titre de cette publication périodique est iVou» veaux articles pour le plaisir de la raison et de l'esprit. Elle commença à paraître en 1774, sous la rubrique de Brème et Leipzig, Les plus illustres rédacteurs sont Klopstoek, Gellert, Cramer, Ad. et El. Schlegel, Rabener, Ebert, Zachariœ, etc. — • Yoy. Xetstn^, parL. Crouslé, p. ii3, note. (Trad,)
S. Kriiger est un des auteurs de la pléiade dont Gottsched était le chef. Il a laissé peu de trtcet dans rbistoire de la littérature allemande. (Ttad.)