Voy, il* soirée, p
388 CINQUANTIEME SOIREE.
La Femme qui a raison est une des pièces que Voltaire a faites pour son théâtre domestique. Elle était assez bonne pour cela. Elle fut jouée dès 4758 à Garouge^; mais elle ne l'a pas encore été à Paris, que je sache. Ce n'est pas qu'on n'y ait joué, depuis ce temps, des pièces plus mauvaises : les Marin et les Bret y ont bien pourvu. Mais c'est que... je n'en sais, ma foi, rien. Car, pour moi, j'aimerais encore mieux voir un grand homme en robe de chambre et en bonnet de nuit, qu'un bousilleur en habits du dimanche.
De caractères et d'intérêt, il n'y en a pas dans cette pièce; mais quelques situations sont assez comiques. Le comique même, à vrai dire, y est de l'espèce la plus commune, puisqu'il n'est fondé que sur l'incognito, sur les déguisements et sur les erreurs de personnes. Mais les rieurs ne sont pas difficiles, et nos rieurs allemands le seraient moins encore que d'autres, si la singularité des mœurs et une traduction pitoyable ne les mettaient le plus souvent hors d'état de comprendre le « mot pour rire '. »
CINQUANTIÈME SOIRÉE. — Sidney, de Gresset. — L'Aveugle clairvoyant,
de Le Grand.
Le oO« soir (vendredi 24 juillet), on a joué de nouveau Sidneyy de Gresset; et, pour terminer, l'Aveugle clairvoyant.
Gette petite pièce est de Le Grand, et n'est pas de lui. Car il a emprunté titre, intrigue, tout à une vieille pièce de de Brosse.
Un officier, déjà sur le retour, veut épouser une jeune
1. Elle fut jouée en 1749, daog une fête donnée au roi Stanislas. (Trad.)