‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 216 sur 226 · Acte I, M. n. {Note de l'auteur · texte numérisé non relu

Acte I, M. n. {Note de l'auteur

Léandre. Fils dénaturé! Tu ne songes pas à ce que tu dis. Ne pas aimer celui à qui tu dois la vie! Tu parles ainsi maintenant, parce que tu le possèdes encore. Mais si tu le perdais, je te demanderais alors ce que tu en penses.

Lycaste. Hum! Je ne sais pas précisément ce qui arriverait alors. Dans tous les cas, je n'aurais pas grand tort. Car je crois que de son côté il ne ferait pas mieux. Presque tous les jours, il me dit : a Quand serai-je débarrassé de toi? Que je voudrais « te voir loin d*ici ! » Est-ce là de Tamour? Peux-tu exiger que je l'aime?

Les plus rudes châtiments ne devraient jamais porter un fils à des sentiments si dénaturés. Le cœur qui en est capable, quel qu'en soit le motif, ne mérite que des traitements d'esclave. Pour que nous prenions le parti du fils qui s'égare contre le père trop rigide, il faut que ses désordres ne trahissent pas un cœur foncièrement vicieux; il faut que ce soient des écarts de tempérament, des étourderies de jeunesse, des caprices et des fantaisies. C'est d'après ce principe que Ménandre etlérence ont dépeint leur Gtésiphon. Son père a beau le tenir serré, il ne lui échappe pas une parole malsonnante contre son père. La seule qu'on pût qualifier ainsi est aussitôt réparée par lui de la manière la plus heureuse.

Il voudrait au moins deux jours pour se livrer h ses amours; il se réjouit de voir son père retourné à la campagne, à ses travaux; et il souhaite qu'il s'y fatigue, s'y éreinte, au point de ne pouvoir sortir du lit de trois jours. Voilà un souhait un peu léger! Mais voyez ce qu'il ajoute :

Utinam quidem

(Quod cum salule ejus fiat!), ita se defatigarit velim, Uttriduo hoc perpetuo prorsum electo nequeat surgere* !

Quod cum salute ejus fiât/ « Pourvu que sa santé n'en souffre pas I » — A la bonne heure ! à la bonne heure,

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