DES MORALITÉ» AI7 THÉÂTRE
iet&fm coffîUen ces prétendiies sentences étaient éqai* Yoques, faosises et choquante»; et je souhaitais vivement que )ft désapprobation pût avoir sa plua grande psurt dans ce murmure... Il n'y a jamais eu qu'une Athènes : c'est et ce s^ra toojcmrs la seule ville où le sentiment moral ait été as0e2 développé et assez délicat chez le eominiin du peuple, pomr ça'nne mauvaise morale expot^t les auteurs et les poètes* ait danger d'être précipités à bas de la scèn>e. Je sais bien cpè les sentiments doivent, dans le drame, corïmpofÈàr^ ao caraelère du personnage qui les exprime ; il» j^ovevt dme ne pas porter le seeau de la venté abso* lue; il suffit qu'ils soient vrais d'une vérité poétique; il afoÉ^ que no»» soyons obligés de reconnaître que le caractère donné, dans telle situation, et aniaoé de telle passion, ne pouvant jnger autrement qu'il ne l'a fait. Cependant, ceHe vérité poétique doit, d'un autre côté, se rapprocher de la vérité absolne ; et le poète ne doit jamais avmr n» esprit assez peu philosc^hique pour admettre qu'un homme puisse vonloir le mal poor le mal; qu'il puisse agir d'après des principes vicieux, en reconnaître le vice, et pourtant s'en glorifier dans son tniérienr el devant les antres. Un tel homme est un m«>nslre aussi odieux que pen instructif; ee n'est rien qu'une ressource misérable pour une tète vide, qm ptenà le feux éclat des tirades ponr la phrs grande beauté de la tragédie.
8î Isménor est un pvèîre cruel, tous les prêtres sontils ponr cela des Isménor? Qu'on n'objecte pas qu'il est gestion ici des prêtres ^mte fausse religion. Il nf'y en a pas encore en d'assez fausse an monde pour que ses ministres dussent nécessafirement être des monstres. Le» prêtres, dans te» fausses religions, aussi bien que dans la vraie, ont fait du mal; mais ce n'est pas parce qu'ib étaient prêtres, c'est parce qu'ils étaient des scélérats, qui aiwaient tont aussi bien abusé, an profit de leur» mau-* rsâscfs passions, des privilèges d'une wtnre eon*lio«.
Si ïe théâtre ftiit généralement retentir d'ainssi absurdes jugetfflents sur les prêtres, est-il éteftnen* qtfîl se trouve
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parmi ceux-ci des hommes assez peu sensés pour proclamer que le théâtre est la grande route de Tenfer ?
Mais je retombe dans la critique de la pièce, et je voulais parler de l'acteur.
(n* III, 8 mai 1767). —Et comment cet acteur (M. Eckhof) s'y prend-il pour que nous trouvions tant de plaisir à entendre, dans sa bouche, même la morale la plus vulgaire? Quelles sont les leçons qu'un autre aurait à prendre de lui pour nous intéresser également en pareil cas?
Toute pensée morale doit venir de la plénitude du cœur qui déborde ; il ne faut ni paraître y songer longtemps, ni avoir l'air d'en faire vanité.
Ainsi, — cela s'entend de soi, — les passages de morale veulent être appris mieux que tout le reste. Ils doivent être débités sans hésitation , sans le moindre embarras, d'une haleine soutenue, avec une aisance telle, qu'ils n'aient pas Fair d'être un pénible exercice de mémoire, mais bien l'effet de l'inspiration immédiate des circonstances.
Il est entendu également que jamais une fausse intonation ne doit nous faire soupçonner que l'acteur babille sans comprendre, La justesse et la sûreté de son accent doivent nous convaincre qu'il a pénétré au fond du sens de ses paroles.
Mais l'accentuation juste, on la communiquerait au besoin même h un perroquet. Combien l'acteur qui ne fait qu'entendre un passage est encore loin de celui qui en même temps le sent! Quand on a une fois saisi le sens d'un discours et qu'on se l'est gravé dans la mémoire, on peut le dire avec une parfaite justesse, tout en pensant à autre chose; mais alors, il n'y a pas de sentiment. Il faut que l'âme soit entièrement présente ; il faut qu'elle concentre toute son attention sur le discours; et seulement alors...
Mais même alors il peut arriver que l'acteur ait réellement du sentiment et ne paraisse pourtant pas en avoir. Le sentiment est toujours ce qu'il y a de plus discutable dans les mérites d'un acteur. Il peut se trouver là où vous ne le reconnaissez pas, et ne pas être là où vous croyez le