‹ Dramaturgie de HambourgChapitre 38 sur 226 · DE QUELQUES IMITATIONS DU TRINUMMUS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES IMITATIONS DU TRINUMMUS

de lumière qui vient, il est vrai, on ne sait d'où, mais qui du moins produit un très-grand effet. La manière dont M. Eckhof a représenté cette scène, le geste avec lequel il a ramené sur son visage une partie de cotte chevelure blanche, par laquelle il conjurait sa fille; cela seul suffirait pour faire passer par-dessus une petite faute, qui peutêtre n'est sensible qu'aux yeux du critique, lorsqu'il analyse le plan de Touvrage.

La petite pièce qui a terminé la soirée est le Irésor, imitation du Trinummus de Plaute, où l'auteur a cherché à resserrer en un seul acte toutes les scènes comiques de l'original ^ La pièce a été très-bien jouée. Tous les acteurs savaient leurs rôles avec cette perfection qui est si nécessaire dans le comique du genre inférieur. Si des plaisanteries au gros sel, des naïvetés, des jeux de mots, sont amenés lentement et dits avec hésitation; si les personnages réfléchissent avant de lâcher des traits qui ne sont bons qu'à faire sourire du coin des lèvres, l'ennui est inévitable. La farce doit courir : il ne faut pas que l'auditeur ait le ' temps d'examiner si les mots en sont ou n'en sont pas spirituels.

Dans cette pièce, il h*y a pas de femmes : le seul personnage féminin qu'on aurait pu y introduire, aurait été une amoureuse un p^u glacée; .et franchement j'aime mieux qu'il n'y en ait pas du tout. Au reste, je ne conseillerais à personne de rechercher cette singularité. Nous sommes trop accoutumés au mélange des âeux sexes, pour ne pas sentir qu'il manque quelque chose en Tabsence du sexe le plus aimable.

Cette comédie de Piaule a été remise sur la scène, chez les Italiens, par Cecchi, et chez les Français récemment par Destouches. Ils en ont fait deux grandes pièces en cinq actes, et se sont trouvés par conséquent obligés

1. Cette pièce est de Lessiog lùî-ir.ême : elle date de i7b0.

d'agrandir le plan du comique romain à l'aide de leurs propres inventions. La pièce de Cecchi s'appelle la Dot; et Riccoboni, dans son Histoire du théâtre italien^ la recommande comme une des meilleures entre les vieilles pièces de ce théâtre. Celle de Deslouches porte le titre suivant : le Trésor caché. Elle a été jouée en Î745, sur la scène italienne à Paris, une seule fois; et encore, cette seule fois, n'a-t-elle pu se soutenir jusqu'à la fin. Elle n'a paru imprimée qu'après la mort de Fauteur, et par conséquent plusieurs années après le Trésor allemand. Plante luimême n'est pas l'inventeur de ce sujet si heureusement trouvé et qui a excité tant d'émulation. Il faut en attribuer l'honneur à Philémon, qui avait donné à sa pièce le titre tout simple que lui a rendu l'auteur allemand. Plante avait une manière toute particulière d'intituler ses pièces; et le plus souvent il tirait ses titres des circonstances les moins importantes. Il nomme, par exemple, celle-ci Trinummus [r Homme aux trois deniers), parce que le sycophante a reçu une pièce de trois deniers pour sa peine.

CINQUIÈME SOIRÉE. — L'Obstacle tmpr^iH*, de Destouches. — Do comique de Destouches. — La Nouvelle Agnès, — Un conte de Voltaire; Favart, Les Sylphes supposés.

(n** X, 2 juin i767). — On a représenté le cinquième soir (mardi, 28 avril), rObstacle imprévu ou V Obstacle sans obstacle, de Destouches.

Si nous feuilletons les annales du théâtre français, nous trouvons que les pièces les plus plaisantes de cet auteur sont justement celles qui ont obtenu le moins de succès. Ni celle-ci, ni le Trésor caché, ni le Tambour nocturne^ ni le Poète campagnard, n'ont pu se maintenir sur la scène; et même dans leur nouveauté, ces pièces n'ont été représentées qu'un petit nombre de fois. Tout dépend

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