‹ Drame ancien, drame moderneChapitre 18 sur 31 · Commentaire sur Corneille, Médée · texte numérisé non relu

Commentaire sur Corneille, Médée

apprend^ que les acteurs retranchaient dans le Cid l'admirable cri d'enthousiame : « Paraissez, Navarrais, Maures et Castillans » ; qu'ils retranchaient dans Cinna le monologue d'Emilie : « Impatients désirs d'une illustre vengeance », et il ajoute^ : « Le public même paraissait souhaiter ce retranchement. On y trouvait de l'amplification... que c'était une déclamation de rhétorique ; que les mêmes choses qui seraient très convenables quand on s'entretient avec sa confidente sont très déplacées quand on s'entretient toute seule avec soi... »

Autre exemple bien curieux. Le monologue d'Auguste : « Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie? » est si naturel, si en situation, si dramatique, que Voltaire ne peut s'empêcher de s'écrier : « Voilà le cas où le monologue est convenable ». Mais Ihorreur qu'inspire le monologue à la critique du wiii*^ siècle est telle qu'il ne peut s'empêcher de revenir à son idée de confident, sans songer qu'il est telles choses qu'on ne dirait jamais devant un confident, et qu'on ne se dit même tout haut à soi-même que par convention dramatique : « Auguste, écritil, ne pourrait-il pas être supposé au milieu de sa rour, et s'abandonnant à ses réflexions devant ses

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