Commentaire, le Cid
'2. Commentaire, Horace.
3. Dit dans les mêmes termes deux fois, dans le Commentaire sur Pompée et dans le Commentaire sur Œdipe.
Par suite, cette action de la tragédie grecque, si limitée, quand nous la comparons à Faction du drame anglais, nous la ramassons encore. Jamais la carrière du poète dramatique, tant nous avons peur qu'il ne s'égare dans Tépopée ou ne glisse dans l'ode, n'est pour nous assez étroite ni assez courte. Les Grecs ne s'imposaient ni l'unité d'action, ni l'unité de temps, ni l'unité de lieu. Tout ce qu'on peut dire, c'est que, par amour de la simplicité, ils les observaient le plus souvent. Ces unités deviennent pour nous des lois absolues dont il est honteux de se départir.
C'est qu'elles sont dans Aristote. Elles ne sont pas dans Aristote : elles sont dans l'esprit français, dans les esprits français les plus diflerents du reste, dans Scaliger, dans d'Aubignac, dans Diderot. — Dans Diderot! Le révolutionnaire qui jette étourdiment par le monde des théories dramatiques si parais.
150 DRAME ANCIEN, DRAME ^fODERNE
doxales est un fougueux partisan de toutes les unités : « Les règles des unités sont difficiles à observer, mais elles sont sensées... Je serais fâché d'avoir pris quelque licence contraire à ces principes généraux de Tunité de temps et de Tunité d'action, et je pense qu'on ne peut être trop sévère sur l'unité de lieu. Sans cette unité la conduite d'une pièce est presque toujours embarrassée, louche *. »
Nous avons admis d'abord l'unité de temps, c'est à savoir les vingt-quatre heures; puis nous avons renchéri sur les vingt-quatre heures, et proposé cette loi que le drame ne durât pas plus que le temps de la représentation ; et Voltaire dit, il est vrai dans une formule dont le sens est équivoque : « Resserrer un événement illustre dans l'espace de deux ou trois heures... ce sont là les conditions qu'on exige aujourd'hui d'une tragédie ' )>.
Ainsi s'est dépouillée la tragédie, en venant chez nous , de ces riches ornements épiques qui en rehaussaient si vivement l'éclat, mais qui, selon le goût français, en ralentissaient la marche.
Ce premier trait est déjà un signe de l'esprit d* la race française s'appliquant à la tragédie. Du