Préface de V Odyssée
marquée de sa forte empreinte, elle est tout entière dans d'Aubignac, plus nette et plus tranchée encore que dans Voltaire : « Cest en vain quon veut porter à la vertu des peuples^ les âmes vulgaires et les esprits du dernier ordre^ par un discours soutenu de raisons et dautorités... Ce que ces discours ne sont pas capables de faire, la tragédie et la comédie le font ^ »
Nous pouvons remonter plus haut. Tous ceux qui ont écrit de Tart dramatique au xv!*" siècle sont pleins de ce souci de Tinstruction morale qui doit sortir de l'œuvre théâtrale. Les auteurs mettent en belle lumière la moralité de leur apologue dramatique. Lisez ce litre d'une pièce de Pierre Matthieu : « Vashi, tragédie.... oh Von verra les tristes effets de V orgueil et désobéissance, la louange d'une monarchie bien ordonnée, V office dun bon prince pour heureusement commander sa puissance, son ornement, son exercice éloigné du luxe et dissolution, et la belle harmonie dun mariage bien accordé. »
Nous pouvons redescendre. Celte idée chère aux Français se représentera toujours. Sur ce point l'indépendant Diderot est d'accord et avec Dacier et avec d'Aubignac, et avec Marmontel et avec Voltaire. Il ne s'en distingue qu'en allant plus loin, ayant accoutumé d'aller toujours plus loin que tout