Premier «liscours, Du poème dramatique
le monde. Il voudrait que le drame fût non seulement un sermon mais... je ne sais comment dire, une sorte de soutenance de thèse : « J'ai toujours pensé qu'on discuterait un jour au théâtre les points de morale les plus importants^ et cela sans nuire à la marche violente et rapide de l'action dramatique * ». Voyez-vous le Français, resté bien Français, quoi qu'on ait dit de sa tôle germanique, qui, traçant une théorie dramatique, est très occupé de deux objets, le mouvement scénique et la prédication morale, l'intrigue rapide, « violente », et la dissertation philosophique; qui voudrait, en un mot, tout d'un temps satisfaire l'intérêt de curiosité et instruire. Les deux penchants principaux de l'esprit français sont bien là, et partant les deux principaux caractères de notre théâtre. — Et c'est une conséquence des mêmes principes qui fait dire encore à Diderot : « Quel moyen (le théâtre), si le gouvernement en savait user, et qu'il soit question de préparer le changement d'une loi ou l'abrogation dun usage! » — L'effet pratique de l'œuvre d'art toujours ardemment recherché, jusqu'à risquer de faire descendre l'art au rang d'un instrument de règne, voilà le dernier mot de cette théorie et le dernier terme de ce penchant de notre esprit.