‹ Drame ancien, drame moderneChapitre 28 sur 31 · Sainte-Beuve, Port-Royal, t. Il, chap. vu · texte numérisé non relu

Sainte-Beuve, Port-Royal, t. Il, chap. vu

LA TRAGEDIE FRANÇAISE 18i

beaux endroits de la pièce » est celui où Sévère cause assez froidement, ce nous semble, avec son confident, de la politique à tenir à l'endroit des chrétiens ; tandis que le sacrifice de Polyeucte laissant Pauline à Sévère est « une espèce de bassesse », quelque chose « d'étrange^ de ridicule et de froid )^

Mais ce sont là des erreurs et des exagérations de Voltaire. — Non pas seulement de Voltaire. Dacier tient le même langage. Il attribue tout le succès à la situation de Pauline et de Sévère Tun en face de l'autre, « opinion assez générale », ajoute Voltaire. — Un siècle avant, Saint-Évremond ne parle pas autrement : « Ce qui eût fait le plus beau sermon du monde faisait une misérable tragédie si les entretiens de Pauline et de Sévère, animés d'autres sentiments et d'autres passions, n'eussent conservé à l'auteur la réputation que les vertus chrétiennes de nos înarfgrs lui eussent ôtée * ». Ici encore on voit au plus clair les <leux penchants signalés déjà de l'esprit français s'appliquant au théâtre. Dans Polyeucte deux traits le frappent : une situation, un rôle de moraliste : la situation, voilà pour la curiosité; le moraliste, voilà pour la raison pratique.

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