‹ Drame (volume 2)Chapitre 51 sur 118 · ACTE m, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE m, SCENE IV

J'ai ton cœur ^ c'est un vol I je le rends au plus digne. Jamais à nos amours le ciel n'a consenti.

Si j'ai dit que c'était ion destin J'ai menti! D'ailleurs, vengi^nce ^ amour , adieu 1 mon jour s'achève. Je m'en vais, inutile, ayec mon double rêve, ^'\ t.

Honteux de n'avoir pu ni punir, ni charmer , ^ .3jj;l;r. J Qu'on m'ait fait pour haiir, i»ôi qui n'ai su qu'aimepî" < Pardonne-moi ! fuis-moi l 'ee^sonl mes deux prières. Ne les rejette pas , car ce sont ies; "dernières ! Tu vis, et je suis mort. Je na yois.'[)as pourquoi Tu te ferais murer dans ma toriibe^avec moi !

DONA soi.

Ingrat! .

HERNANI

Monts d^Aragon ! Galice! Estramadoure ! — Oh ! je porte malheur à tout ce qui m'entoure ! — J'ai pris vos meilleurs fils ; pour mes droits , sans remords^ Je les ai fait combattre, et voilà qu'ils sont ^norts! C'étaient les plus vaillants de la vaillante Espagne! Ils sont morts! ils sont tous tombés dans la montagne, Tous sur le dos couchés , en braves , devant Dieu , Et si leurs yeux s'ouvraient , ils verraient le ciel bleu! Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse ! Est-ce une destinée, à te rendre jalouse?

Dpna Sol, prends le duc, prends l'enfer , pi'ends le roi ! G.'est bien. Tout ce qui n'est pas moi, vaut mieù^qué mbï! - Je n^ai plus un ami qui de moi se souvienne , : • .

rv

114 HERNANl.

'Tout me qii^itle , it est temps qu'à la fin ton tour vienne, Car je dois être seul. Fuis ma contagion.

Ne te fais pas d'aimer une religion !

Olil par pitié pour toi, fuis!— Tu me crois peut-élré Un homme comme sont tous les autres , un être Intelligent, qui court droit au but qu-il rêva. Détrompe-toi. Je suis une force qui va!

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres ! Une âme de malheur faite avec des ténèbres!

Où vais-je? je ne sais. Mais je me sens poussé D^un souffle impétueux , d'un destin insensé. Je descends, je descends, et jamais ne m'arrête. Si parfois , haletant, j'ose tourner la tête , Une voix me dit : Marche! et l'abîme est profond , Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond ! Cependant, à Teutour de ma course farouche, Tout se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche! Oh ! fuis! détourne-toi de. mon chemin fatal. Hélas ! sans le vouloir , je te ferais du mal I

DONA SOL

OrandDieu!

■•^]y.. , HERNANI. '

C'estiiun démon redoutabUi te dîs-je, v%ue le mien, ^on bonheur , voilà h: seul prodige Qui lui soi^>i|ïippssib1e. Et toi , c'^si:lè bbiaheàr I Tu n'es doQC|>as pour moi! chercK^.iin^atitré seigneur I Va, si jamais le ciel à mon sort qq'il^finie

Page 1