‹ DrameChapitre 61 sur 97 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

LA TISBE, ÂNGELO.

LA TISBB.

Ah ! vous voilà , monseigneur. Vous cherchez quelqu'un?

ANGELO

Oui, Yirgilio Tasca à qui j'avais un mot à dire.

LA TISBE.

Eh bien ! êtes-vous toujours jaloux ?

ANGELO

Toujours, madame.

LA TISBE.

Vous êtes fou. A quoi bon être jaloux? je ne comprends pas qu'on soit jaloux. J'aimerais un

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homme, moi, que je n'en serais certainement pas jalouse.

ANGELO

C'est que vous n'aimez personne.

LA TISBE.

Si. J'aime quelqu'un.

ANGELO

Qui?

LA TISBE.

Vous.

ANGELO

Vous m'aimez! est'^l possible? ne vous jouez pas de moi, nion Dieu ! Oh !' répétez-moi ce que vous m'avez dit là.

LA TISBE.

Je vous aime.

Il s^approche d^elle avec ravissement. Elle prend la chaîne qu^t

porte au coa«

— Tiens! qu*est-ce dote que ce bijou? je ne l'a-

vais pas encore remarqué. C'est joli. Bien travaillé. Oh! mais c'est ciselé par Benvenuto. Charmant! Qu'est-ce que c'est donc ? c'est bon pour une femme, ce bijou-là.

ANGELO

Ah! Tisbe, vous m'avez rempli le cœur de joie avec un mot !

LÀ TISBE.

C'est bon , c'est bon. Mais dites-moi donc ce que c'est que cela ?

ANGELO

Cela, c'est une clef.

LA TISBE.

Ah ! c'est une clef. Tiens, je ne m'en serais jamais doutée. Ah ! oui , je vois, c'est avee ceoî qu'on ouvre. Ah! c'est une clef.

ANGELO

Oui, ma Tisbe.

LA TISBE.

Ah bien ! puisque c'est une clef, je n'en veux pas, gardM-4a.

U ANGELO

Qnoi! est-ce que vous en aviez envie, Tisbe?

LA TISBE.

Peut-être. Comme d'un bijou bien ciselé.

ANGELO

Oh ! prenez-la.

Il détache la clef du collier.

LA TISBE.

Non. Si j'avais su que ce fût une clef, je ne vous en auirais pas parlé. Je n'en veux pas, vous dis-je. Cela vous sert peut-être.

ANGELO

Oh ! bien rarement. D'ailleurs j'en ai une autre. Vous pouvez la prendre, je vous jure,

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