ACTE III, SCENE IV
FASIO.
J'obéis.
LA MÂDDELENA.
Bien.
FASIO, revenant à elle.
Ce projet me confond, et je n'y comprends rien. Un amour sans espoir ?"dites-voiis, sur mon âme, De ma crédulité vous vous raillez, madame.
LA MADDELENA.
Non, c'est la vérité : je n'ai plus de salut
Que dans un cloître saint! Vous savez ce que lui,
Aux portes de l'enfer, l'exilé de Florence :
« Vous qui passez le seuil, laissez-y l'espérance. •>
Eh bien, celte légende, elle veut dire, hélas!
Que l'enfer est partout où l'espoir n'entre pas.
Or, n'ayant plus d'espoir, l'enfer est dans mon âme,
Et je vais prier Dieu d'en éteindre la flamme.
FASIO.
Et qui vous fit venir au cœur ce doute amer.
Que l'on pourrait vous voir et ne pas vous aimer ;'
Oh! vous, madame, vous, si charmante et si belle...
Vous, dans le monde entier, trouver un cœur rebelle?
Vous, vivante statue au suave contour,
Pour qui tout jusqu'au marbre a des regards d'amour.
Vous dédaignée!... Oh! non, impossible, un Dieu même
Mettrait à vos genoux sa puissance suprême
S'il croyait vous fléchir par un tel abandon.
Oh ! demeurez sans masque.
LA MADDELENA.
Oui, vous avez raison, 11 cacherait trop lard la rougeur de ma joue.