‹ DramesChapitre 236 sur 308 · ACTE IV, SCfiPfE V. •J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCfiPfE V. •J

nOM SANCHEZ.

Je prierai le Seigneur de ramener le calme dans votre cœur, comme il Fa ramené dans la nature. Je prierai le Seigneur de poser le sceau de sa grâce sur votre front brûlant.

DON JtJAN.

Oh ! laissez là votre main, mon père, elle rafraîchit mon front; elle y ramène le calme; elle y fait naître des idées grandes et nouvelles ! DOM sa:vchez.

Le germe de toutes ces idées naît avec nous, seulement le monde les étouffe, et la retraite les développe. Dans la solitude. Dieu parle au cœur de l'homme; dans le silence, l'homme parle au cœur de Dieu. Pour les organisations vulgaires, pour les esprits bornés, le cloître est une prison, mais pour les intelligences supérieures, c'est une sainte école où l'on apprend Dieu ! Ici, rien ne viendra distraire ta pensée de cette étude sublime; tes yeux finiront par voir dans l'ombre, tes oreilles par entendre dans le silence, et l'univers se révélera à toi depuis la plante jusqu'à l'homme , depuis l'homme jusqu'à Dieu! Alors tu verras que chaque degré de cette échelle immense qui conduit de la terre au ciel est rempli; qu'il y a autant d'êtres au-dessus de toi qu'il y en a au-dessous; et que chacun de ces êtres, excepté l'homme, dit gloire à Dieu dans l'éternité. Pendant ces nuits paisibles, où le vent murmure, où la terre exhale, où les ûeurs embaument, où les tioiles brillent, tu comprendras que ce souffle , ces

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vapeurs , ces parfums , ces lumières , sont les voix différentes des éléments divers, et que toutes ces voix réunies forment un immense concert de reconnaissance, des choses créées envers le créateur. Tu parleras avec la nature comme avec une amie, et elle te révélera les secrets de la vie et de la mort ; tu comprendras que ton corps, emprunté à des éléments périssables, doit périr comme ces éléments, et, momentanément tiré d'eux, retourner un jour à eux, tandis que Tàme qui l'animait, puisée à une source immortelle, doit remonter à cette source. Alors, vienne la mort, frère, et tu ne verras plus en elle la faux qui tue le corps , mais les ailes qui enlèvent l'àme.

D0> JCAN.

Ce que tu dis là est une grande et consolante révélation, merci.

DOM SAXCHEZ.

Crois, espère et prie; c'est avec ces trois mots qu'on ouvre les portes du ciel.

( // sort. )

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