SCÈNE xiir
LÉON
Qu'y a-t-il à faire ?
M. DE VERTPRÉ
Tenez, je ne vous connais que depuis un instant; mais vous êtes bon, vous avez l'âme candide, vous êtes un excellent jeune homme , et je vous aime comme un frère.
LÉON
Merci.
Et je me ligue avec vous contre ma femme.
LÉO>"
Voyons.
M. DE VERTPRÉ
A votre place, voici ce que je ferais.
LÉON
Parlez.
M. DE VERTPRÉ
Je demanderais à madame de Vertpré une entrevue.
LÉON
Je le veux bien.
M. DE VERTPRÉ
Devant son mari, ça me serait égal.
LÉON
Non, j'aime mieux seule.
M. DE VERTPRÉ
Eh bien! seule: ça m'est encore égal... et je lui dirais que ce que j'ai fait n'était qu'un jeu, pour me moquer d'elle ; que je ne l'ai jamais aimée, que
je ne l'aimerai jamais; que c'est Pauline seule, suivez bien ce que je vous dis , que c'est Pauline seule que j'aime, et la preuve , c'est que je la lui demande pour femme.
Ltoy.
Si elle me la refuse?
M. DE VERTPRÉ
Je vous la donnerai, moi.
itoy.
Permettez que je réfléchisse.
M. DE VERTPRÉ
Non, voyez-vous , ces choses-là veulent être faites tout de suite, enlevées dans un moment de colère, parce qu'alors on y met une verve, une vérité qui ne permettent pas de douter de la franchise des sentiments. Pauline est une charmante enfant, vous allez voir. (// sonne. — Hélène paraît.) Hélène, dites à Pauline que son oncle n'est pas mort, qu'il est arrivé, et qu'elle vienne. (//é/è«e sort.) Je vais me faire reconnaître à elle, je lui dirai vos intentions.
3Ionsieur...
M. DE VERTPRÉ
Je les approuve , elles sont pures. Je veux vous voir heureux, mon jeune ami, et cela le plus tôt possible ; vous le méritez si bien. Voici Pauline.