SCENE XIV
LÉON, M. DE VERTPRÉ, PAULINE, entrant
toute joyeuse.
PAULINE
Oh! mon oncle, mon bon oncle, j'apprends que vous n'êtes pas mort : que je suis heureuse ! que je suis contente !
Et moi aussi, je suis content et joyeux, et je"he suis pas le seuL
PAULINE
Comment?
M. DE VERTPRÉ
Tiens, voilà Léon qui est dans le délire. [A Léon.) Remettez-vous, Léon, c'est décidé, rien ne s'opposera à votre bonheur.
PAULINE
Que dites-vous, mon oncle?
M. DE VERTPRÉ
Je dis que ce jeune homme t'adore.
PAULINE
Et moi je le déleste.
M. DE VERTPRÉ
Qu'est-ce que tu dis là? un amour si pur, si vrai, si ardent... Mais parlez donc un peu, vous aussi. Ne me disiez-vous pas tout à rheure...
70 lE MARI DE LA VEUVE.
LÉON
Que j'aimais mademoiselle.
Que vous l'aimiez.... Vous disiez que vous en étiez fou, que vous ne pouviez pas vivre sans elle, que vous vous brûleriez la cervelle si vous ne l'ob teniez pas. C'est à peu près cela que vous avez dit, n'est-ce pas?
LÉo:s.
Pas tout à fait... mais...
M. DE VERTPRÉ
Entends-tu? Il répète qu'il se brûlerait la cervelle. Malheureux jeune homme, un suicide.... Y avez-vous bien songé?
PATLIINE.
Comment, Léon, vous m'aimez à ce point ?
LÉON
Oh ! plus que vous ne pouvez l'imaginer.
M. DE VERTPRÉ
Et il ajoutait : Je voudrais qu'elle fût là pour tomber à ses pieds. (A Léon.) A genoux! {A Pauline.) Qu'il n'y aurait de bonheur pour lui que lorsqu'il aurait obtenu de ta bouche... (^ Léon.) à genoux! {A Pauline.) l'aveu qu'il était payé de retour ; et tu ne peux pas le lui refuser , Pauline , car c'est un amour véritable , cela se voit , cela se sent, et tu répondrais de sa mort. (A Léon.) Mais à genoux donc!
{Léon tombe à genoux. )
scÈ.^E XIV. 71
PAlLIJiE.
Ah ! si je le croyais !