SCENE XV
PAULINE, seule; puis MADAME DE VERTPRÉ.
PAULINE
Oh ! mon Dieu ! mon Dieu ! que je suis heureuse! qui aurait cru cela? Mon oncle, qui est assez bon pour n'être pas mort, et qui revient des Etats-Unis pour me marier ; Léon qui m'aime, qui n'aime que moi!... Ce n'était pas vrai les cheveux noirs... c'est moi qui suis une boudeuse... ce pauvre garçon ^qui a été mouillé... mouillé!...
MADAME DE VERTPRÉ, entrant précipitamment.
Où sont-ils ?
Sortis ensemble.
MADAME DE VERTPRÉ
Grand Dieu ! il faut les empêcher !
Non, ma tante, ne les empêchez pas.
MADAME DE VERTPRÉ
Mais, malheureuse, s'ils allaient se battre!
PAULINE
Chez le notaire?
MADAME DE VERTPRÉ
Comment?
PAULINE
Ils vont le chercher pour mon contrat de mariage.
MADAME DE VERTPRÉ
Ils ne se querellaient donc pas en sortant?
PALMNE.
Ils se tutoyaient.
MADAME DE VERTPRE.
Vraiment?
PAULINE
Et je suis bien contente! Léon...
MADAME DE VERTPRÉ
M'a bien l'air d'un fou, ma chère enfant.
PALLIiNE.
Du tout, ma tante. Il m'adore... je vous assure qu'il a toute sa raison.
MADAME DE VERTPRÉ
Je veux dire qu'il me fait l'efFet d'un homme bien léger.
PAL'LINE
Je ne sais; mais il m'a juré qu'il n'aimait que moi, qu'il n'avait jamais aimé que moi. Est-ce de la légèreté cela, ma tante?
MADAME DE VERTPRÉ
Et où t'a-t-il fait ce serment?
PAILINE.
Ici, à mes genoux.
MADAME DE VERTPRÉ
Pauvre enfant !
PAULINE
Plaît-il, ma tante?
MADAME DE VERTPRÉ, à part.
Peut-être devrais-je lui dire qu'il y a une heure,