SCÈNE XV
PAULINE
Vous m'effrayez. Refusez -vous de consentir à mon mariage?
MADAME DE VERTPRÉ
Non, non ; mais auparavant, je veux tenter une épreuve.
PAULINE
Sur Léon?
MADAME DE VERTPRÉ
Sur Léon. Veux-tu tout remettre entre mes mains?
PAULINE
Tout ce que vous avez fait jusqu'ici n'a-t-il nas été pour mon bonheur?
MADAME DE VERTPRÉ
Je veux continuer. Il ne connaît pas ton écriture?
PAULINE
Non.
MADAME DE VERTPRÉ
Ni la mienne. Bien, mets-toi là, et écris.
J'obéis.
MADAME DE VERTPRÉ, dictant.
«i Restée seule en vous quittant, j'ai presque eu (lu remords de la manière dont j'avais reçu d'abord l'aveu d'un amour qui paraissait si vrai et si passionné.
PAULINE
C'est vrai cela, ma tante ; car je lui ai dit que je le détestais.
MADAME DE VERTPRÉ, dictOUt.
» Mais il en est ainsi du cœur d'une femme ; rarement il lui est permis d'exprimer tout ce qu'elle éprouve. Il faut, quand on est homme, plaindre et pardonner. ;>
PAILINE.
Je comprends moins bien la fin.
MADAME DE VERTPRÉ, SOUriatlt.
Oh ! ça ne fait rien, ça. —Donne-moi cette lettre, et va m'attendre dans mon appartement.
PAULINE
Combien vous faudra-t-il de temps pour votre épreuve ?
MADAME DE VERTPRÉ, Se mettant à la table que vient de quitter Pauline et cachetant la lettre. Un quart d'heure.
PACLiivE, à part. Bon! je reviendrai dans dix minutes.
{Elle sort.)
MADAME DE VERTPRÉ
Il était temps, voici Léon.