‹ DramesChapitre 302 sur 308 · SCÈNE XVll · texte numérisé non relu

SCÈNE XVll

LÉON

Car enfin vous êtes bon, et vous méritiez d'être aimé.

Allons ! allons au fait.

LÉON

Mais ne voyez-vous pas que c'est le fait qui m'embarrasse?

M. DE VERTPRÉ

Qu'est-ce que ça veut dire! Est-ce qu'elle t'a refusé Pauline?

LÉON

Pardieu !

M. DE VERTPRÉ

Comment pardieu? voilà un pardieu qui est bien bizarre.

LÉON

Mais franchement peut- elle me la donner? De pareils sacrifices sont au-dessus de la force d'une femme.

M. DE VERTPRÉ

Allons, quand tu voudras t'expliquer...

LÉON

Mais vous ne me comprenez donc pas ?

M. DE VERTPRÉ

Quoi?

LÉON

Vous ne comprenez donc pas que votre femme... mais c'est très-difïîcile à dire à un mari ces choseslà, et vous devriez m'épargner le désagrément....

Non? eh bien, mon oncle, votre femme m'aime, voilà tout!...

M. DE VERTPRÉ

Ah! voilà tout! Ahçà! mais tues tu es

aliéné, j'espère?

LÉON

Non, mon oncle, je suis... je suis très-mortifié.

M. DE VERTPRÉ

Et moi donc!... il me semble!... Mais ce matin j'ai entendu... j'étais là...

LÉON

Eh bien, c'est justement cela. Ce matin vous étiez là, et on savait que vous étiez là ; ce soir vous n'y étiez plus, et on savait que vous n'y étiez plus. M. DE y^RJvtit, regardant d'tm air hébété.

Bah!

LÉON

C'est votre faute aussi, mon oncle, c'est vous qui êtes cause de tout cela; a-t-on jamais vu se faire passer pour mort ! Je vous demande un peu s'il existe dans le monde des circonstances capables de faire adopter une pareille résolution à un mari! Mais dites-moi donc un peu ce qui vous y forçait?

M. DE VERTPRÉ

Oui, le moment est bien choisi, n'est-ce pas, pour te faire ce récit?

LÉON

C'est vous qui nous avez conduits où nous en sommes. Vous avez voulu que j'eusse une entrevue

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