‹ DramesChapitre 96 sur 308 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

FASio, cherchant une épée pour le secourir. Quelque arme!...

(S'élançant vers le caveau; puis, n'entendant pltis rien, il s'arrête tout à coup.) Il est mort!...

{Pause d'un instant, levant les bras et les yeux au ciel.)

Que Dieu juge leur cause !

(Il s'enveloppe de son manteau et se cache derrière un pilier; après un instant, Lélio sort du caveau, en ferme la porte derrière lui, rentre en scène pâle et muet, chancelle, s'appuie un i nslaiit au pilier en face de celui où est caché Fasio, puis va lentement à la trappe, s'agenouille, met lu clef dans la serrure, mais, dans le trouble où il est, lie peut parvenir à l'ouvrir. Pendant ce temps-là Fasio s'approche lentement, enveloppé de son manteau, s'arrête derrière Lélio, regarde ses tentatives inutiles; puis, au bout d'un instant, lui posant la main sur l'épaule, lui dit avec tranquillité :

Je vais vous montrer, moi, comment s'ouvre la chose!

Lélio se relève vivement, tirant du même mouvement son épée; Fasio laisse tomber son manteau et se montre, calme, froid et prêt à tout, appuyé sur la sienne.

LÉLIO

Ah! Fasio!...

FASIO.

Lui-même... oui, comte Lélio.

LÉLIO

Fasio!...

(Regardant autour de lui.) Mais, comment en ce lieu. Fasio ?

48 l'alchimiste.

FASio, montrant la porte du fond.

Vous êtes entré, vous, comte, par celle porte...

(Montrant la porte latérale.) Moi, par celle-ci,

LÉLIO

Donc , nous sommes deux ! n'imporle.

Il était, sur mon àme. assez riche pour deux! Et plutôt que risquer un combat hasardeux, Si tu m'en crois...

FASlO.

Eh bien !

LÉLIO

De ce trésor funeste Quand j'aurai pris ma part, lu garderas le reste.

Aotre part?

LÉLIO

Oui, ma pari!... ^"'as-lu pas entendu Que mon bien par cet homme avait été vendu Deux cent mille ducats, et que de cette somme Il me frustrait? Eh bien, je puis en gentilhomme Faire de mon poignard le glaive de la loi; Mais je ne vole pas même un voleur!

FASIO.

Ni moi !

LÉLIO

Ah !

FASIO.

Ma position diffère de la vôtre.

D'ailleurs, et l'on ne peut régler l'une sur l'autre. Cet homme comme à vous ne tenait pas mon bien. Et. ne m'ayant rien pris, ne doit me rendre rien : Un hasard m'a conduit sous ces voûtes funèbres,

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