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ple qui les a institués ; que c’est le privilège du peuple de modifier et même de rejeter:toute forme de gouvernement qui menace l’exeistence de ces droits, pour en adopter une autre basée sur ses principes immuables et appuyée de toute l'autorité nécessaire pour assurer leur existence et le bien-être de la population.
La 2e résolution fut proposée par M. René Boileau, notaire de Chambly, petit neveu d: l’infortuné Jumonville, assassiné sur l’ordre de Washiugton en 1754, appuyé par le capitaine Vincent de Longueuil :—
Réselu-—Que la Grande-Bretagne ne peut et ne doit exercer son autorité sur les deux Canada, que du consentement et de la bonne volonté de ses habitants ; qu'elle ne doit pas la faire reposer sur la force brutale, qui. loin de conférer des privilèges, ne représente qu'un pouvoir dont l'existence cessera le jour où la résistance triomphera ; que le peuple a droit a fortiori de demander et d'obtenir comme condition de son allegeance volontaire tels changements dans la forme du gouvernement, devenus de nécessité par les progrès opérés dans le pays depuis 1791 et la conditio présente, et qui se rattachent au bien-être de la population.
8e résolution proposée par M. Louis Marchand de St-Mathias, et secondée par M. Jean Marie Tétreau de St-Hilaire :—
Résolu —Que les démissions arbitraires opérées sur l’ordre du gouver-
. neur en chef, durant les trois derniers mois, démissions qui se continuent de jour en jour, contre un certain nombre de juges de paix, d'officiers de milice et de commissaires pour la décision sommaire des petites causes, et ce dans toutes les paroisses de la province, sous le prétexte que ces officiers ont pris part aux délibérations des assemblées de comté tenues par le peuple dans le but de revendiquer ses droits menacés, prouvent jusqu'à l'évidence que Son Excellence abuse indignement des prérogatives de la couronne, et ce simplement pour supprimer des personnes qui avaient rempli les devoirs de leurs charges avec intégrité et indénendance, de manière à se gagner l’estime et la considération du public tout en faisant respecter les lois ; que ces personnes ont été remplacées par de vils instruments disposés à favoriser de tout leur pouvoir la politique violente du gouverneur, sans tenir aucun compte du mépris universel de leurs compatriotes.
4e résolution, proposée par M. Lacoste de Longueuil, député, appuyé par M. Timothé Franchère de St-Mathias :—
Résolu—Que dans des circonstances aussi regrettables, il est devenu de nécessité urgente de remplacer ces individus, qu'une administration hostile au pays a nommés aux différents emplois par des hommes dignes de confiance Dans ce bnt toutes les paroisses des six comtés sont simultanément invitées à choisir, du ler jonr de décembre au ler jour de janvier prochain, des juges de paix compétents à rétablir l'ordre, et des officiers de milice. Les règlements actuellement en force dans le comté des Deux-Montagnes seront temporairement adoptés pour la gouverne de ces officiers et déterminer leur juridiction.
6e résolution, proposée par M. J. T. Drolet de St-Marc, député, appuyé par M. le Dr. Duchesnois de Varennes : F
Résolu—Que sous les pénalités contenues dans les dits règlements, mais encore pls par engagement d'honneur, les partisans de la réforme dans les six comtés promettent d’obéir et d’aider de tout leur pouvoir; les officiers qu’ils auront eux mêmes choisis, de faire opposition et de résister à tout ce qu'ordonneront les officiers nommés par lord Gosfrd, et ce de
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cette date au jour du départ de ce gouverneur de la province, leur refusant toute confiance, tout aide, et u’ohbéissant à leurs ordres que dans le cas où ils ne pourraient agir autrement sans contrevenir ouvertement aux lois établies. De plus, les-Réformateurs s'obligent de souscrire les fonds nécessaires pour poursuivre et faire punir les officiers injustement nommés chaque fois qu'ils commettront une injustice où un abus de pouvoir.
66 résolution, proposée par M. le Dr Duvert, de St-Charles, appuyée par M. le Dr Allard, de Belœil :
Résolu—que les habitants des sit comtés avaient droit de s'attendre à ce que la province ne fut pas continuellement privée des avantages d’une Législation locale ; à ce que le Conseil Législatif serait organisé de manière à pouvoir donner un concours efficace au corps représentatif de la Législature et à respecter les besoins et les légitemes désirs de la masse du peuple. Que loin d'assister à la réalisation de si justes espérances, on a vu appeler à siéger dans le Conseil des personnes qui, presque sans uue seule exception, non seulement ne jouissent pas de la confiance publique, mais sont indignes d'occuper cette position, tant par léur conduite que par leurs opinions politiques et devenues odieuses à toute la population du pays.
Te résolution, proposée par M. T. Amyot, député de Verchères, appuyée par M. le capitaine Bonin, de St-Ours :
Résolu—Que cette assemblée déclare que les dernières nominations au Conseil Exécutif de cette province ne rencontrent pas plus la confiance du public que celles dans le Conseil Législatif; qu'ell:s sont d'autant plus scandaleuses qu'elles constituent la pluralité des charges, abus dénoncé antérieurement par lord Grosford lui-même, tant en sa qualité de gouverneur en chef que comme commissaire Royal en ce qu'il réunit dans la même main les pouvoirs Législatifs, Exécutifs et Judiciaires.
8e résolution. proposée par M. E. Papineau, de St-Césaire, appuyée par M. le lieutenant Bonaventure Viger de Boucherville :
Résolu—Qué cette assemblée ne voit dans ces différentes nominations que la continuation du système déjà existant de fraude et de &$ception, système qui a détruit tous sentiments de confiance, tant dans le gouvernement de la métropole que dans celui des colonies, de même que dans le Conseil Législatif tel que maintenänt.constitué. Que cette assemblée y : voit aussi une autre preuve de l'opposition déclarée aux réclamations répétées de tout le pays, de même qu'une détermination bien arrêtée et tyrannique, de la part du gouvernemont de Sa Majesté, de protéger et per-
pétuer les abus et les griefs dont se plaint la population déjà trop patiente.
9e‘résolution, proposée par M. Jean Marie Cormier de Contrecœur, appuyée par M. Gosselin de St-Hilaire : ,
Réselu—Que les nombreux et divers abus et griefs. dont cette colonie s’est plaint depuis de longues années, ont été si souvent énumérés par les représentants du peuple, et admis par le gouvernement de Sa Majesté et le Parlement de la métropole, qu'il est inutile de les récapituler ici, d’autant plus qu'ils ont été dénoncés par le peuple lui-mêrne dans les diffé-
trices étaient suggérées. Les six comtés ne peuvent aujourd'hui que les dénoncer de nouveau et insister sur leur redressement me
10v résolntion, proposée par M. Louis Blanchard, de St-Hyacinthe, député, appuyée par M. Joseph Séné :
Résolu—Qu'au lieu de faire cesser de bonne foi ces griefs et ces abus, tel qu’il en est obligé, le Gouvernement et les deux chambres du Parlement Impérial ont menacé, et ils se proposent de mettre à néant les droits fondamentaux de cette colonie; afin d’imposer au peuple une soumission indigne et abjecte aux mesures oppressives qu'on est à lui préparer, les autorités ont recours au même système de coercition et de terreur qui a déshonoré le gouvernement anglais en Irlande : des magistrats, des officiers de milice, jouissant de la confiance de leurs compatriotes, sont dépouillés de leurs charges, parce qu'ils aiment trop leur pays pour donner leur sanctiou à un système agressif et inconstitutionnel, ou pour laisser violer impunément les franchises qui demandent à être respectées. Et pour mettre le sceau à toutes ces iujustices, le pauverneur actuel a fait venir de nombreuses troupes dans cette provin voulant ainsi détruire par la force physique toute résistance constitr ‘le; et compléter par la désolation et la mort l’œuvre de tyrannie dé..... préalablement et autorisée par les autorités de l’autre côté de l’océan.
11e résolution, proposée par M. Laurent Bédard, de St-Simon, appuyée par M.S. Boudrault, de Ste-Marie :
Résolu—Que tout en tenant lord Gosford responsable de cette atteinte atroce à nos plus chères libertés qui se trouvent menacées par la force armée, et comptant sur la sympathie de nos voisins, sur la coopération active de nos frères réformateurs du Haut-Canada, et sur la Providence qui nous fournira l’occasion favorable de nous dégager du système d’oppression sous lequel nous gémissons aujourd'hui, nous déclarons ici que nous prenons en pitié la condition malheureuse des soldats que nos ennemis veulent convertir en vils :astruments d'esclavage, et que la population de ces comtés n'entravera en rien l’action des soldats stationnés dans ce district, qui désireront améliorer leur condition en émigrant dans la république voisine ; d'autant plus que nous avons toute raison de croire que grand est le nombre de ceux qui n’attendent que l’occasion d'abandonner ainsi un état aussi anormal que désagréable.
12e résolution, proposée par M. Côme Cartier, de St-Antoine, appuyée par M. Siméon Marchessault, de St-Charles :
Résolu—Qne cette assemblée approuve la formation nouvelle d'une association politique ayant nom, ‘‘ Les Fils de la Liberté,” et recommande aux jeunes gens de ces comtés de suivre cet exemple, de former dans chacune de leurs paroisses des sociétés-sœure des ‘ Fils de la Liberté, ’’ de se tenir en rapport et en communication constante avec ces derniers à Montréal, et d'adopter la même organisation, afin d’être prêts, à un moment donné, à offrir leur support, a les appelaient à protéger et défendre leurs libertés menacées.
18e résolution, proposée par M. le Dr Dorion, de St-Ours, appuyée per M. Eustache Graton, de Ste-Marie : 3
Résolu—Que les délégués nommés par les différentes paroisses des six comtés soiént requis de se réunir de nouveau à cet endroit, demain, à . deux heures de l'après-midi, afin de prendre en considération toutes propo-
- sitions qui pourront leur être soumises, |
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. nière résolution, repartit pour St-Ours avec l'intention de revenir à Saint-
frais, les deux huissiers continuèrent la chasse durant au moins deux jours F : ; ‘ 4
Sur ce, l’assemblés se dispersa, non sans faire retentir l'air de vigou reux hourrahs patriotiques, et le Dr Dorion, qui avait fait adopter la der-
Charles le lendemain.
Le papier que l'assassin avait laissé au Docteur était une procuration autorisant ce dernier à véndre ses meubles, sa maison, et de remettr: £50 à sa ménagère, et il avait signé ; mais sur une'autre feuille il disait de lui adresser la balance sous un nom d'emprunt, George Black, poste restante, à la Nouvelle Orléans, jusqu’à contre ordre... suppliant de garder le secret de cette dernière partie.
L'éxcellent homme, à cette lecture, et après ce qu'il venait d’apprendre, était attéré, et comme il prenait une part active au mouvement patriotique d'alors, cette aventure le rendait encore plus nerveux. Cependant il résolut de faire bonne contenance at d'attendre les événements sans rien dire.
Son attente ne fut pas longue, car, durant la soirée, avant dix heures, peu après son retour de l'assemblée de St-Charles, il reçut la visite de deux huissiers dont il connaissait l’un de Soral, l'autre étant uu étranger.
L’assassin du mari de Julie avait bien fait de se hâter de suivre le conseil du Grand-Vicaire. En effet, à peine ce dernier venait-il de remettre sa lettre au charretier contenant sa réponse au curé deK#%# ainsi que nous l’avons constaté précédemment, qu'un nersonnage étranger arrivait de Berthier, à l'auberge du père G.....….. se faisait servir une forte rasade de bon rhum, s’enquérait de la demeure d'un huissier de l'endroit qu'on lui indiqua. A
Il partit aussitôt. Arrivé là, notre homme se fit connaître comme un collègue et porteur d'un mandat d'arrestation bien en règle de la personne du Docteur*#*%* Tout.en exhibant ses papiers, il sortit deux pistolets: char- -
és, en remit un à son collègue, garda l’autre et : En route, mon brave, it-il..…
Ce dernier le paralysa en lui annonçant le brusque départ de l’assassin, ce qu’il savait, étant le voisin du père Charlot. On résolut de faire la chasse, et on partit aussitôt possible allant vers St-Ours, le jeune garçon qui avait accompagné le’ père Charlot ayant rapporté que c'était le chemin qu'on avait pris. Rendus à mi-chemin entre Sorel et St-Ours, on fit la rencontre de la voiture du père Charlot, son cheval au pas et paraissant éreinté. On s »nquit naturellement, et le père raconta que le docteur s'était fait mener d un train d’enfer….… qu'il l'avait laissé chez le Dr D... et qu'il s’en revenait au pas après avoir fai. pire son cheval. Sans dire un mot, les deux hommes fouettèrent le cheval et arrivèrent aussi à grand train chez le Dr D... Celui-ci interrogé, répondit qu’en effet il avait èu la visite de son collègue, qui lui dit qu’il partait peur un long Voyage, et qu'il lui avait laissé unè procuration qu'il exhiba, et qu'il était reparti précipitamment, le Docteur ajoutant qu’il l'avait cru fou... On fouilla cependant dans la maison et les alentours, puis après aVoir pris un cheval
! t deux nuits, sans toutefois pouvoir atteindre le gitier de potence qui qui réussit à gagner la frontière, les deux huissiers de Sa Majesté s'en re-
W, venant bredouille.
… - Ja cour, mais par respect pour ma conscience, que je suis forcé de ne pas
Cependant; notre bon curé n'était pas au bout de ses tribulations, ainsi qu’on va le voir. En effet, le lendemain, il recevait, en même temps que plusieurs autres, un subpœna, lui enjoignant, au nom de Sa Mujesté, de comparaître sans délai aux assises cruninelles de Montréal, dans le procès de Jones accusé du meurtre de Marcoux.
Il en coûtait au vieillard de laisser Julie seule avec Mathilde, mais il tallait bien obéir à l'ordre de la cour, et après s'êtré assuré de l’aide de deux bonnes dames du village auprès de Mathilde, il partit le lendemain, son absence devant durer au moins huit jours.
Jones, accusé du meurtre de Marcoux, avait, disait-on un conplice, qui, peu de temps après son arrestation, avait été administré par le Grand-Vicaire et était mort. Les deux accusés avaient été admis à un cautionnement illusoire, les tribunaux d'alors étant entre les mains.de l'Exécutif tory, qui tenait le peuple en esclavage. Et lorsque les juges sont ainsi dans la dépendance et sous le bon plaisir de l'Exécutif, que le gouvernement soit oligarchique, démocratique, libéral ou tory, peu importe, du moment que les juges sont les créatures, les âmes damnées de l’Exécutif, la liberte du sujet, sa vie même, sont choses illusoires. : Tel était le cas à l’époque à laquelle nous nous reportons.
Hélas! peut-on, même aujourd’hui, assurer que tous les juges frais sortis de la politique sont considérés être, comme la femme de Cëésar, au-dessus du soupçon ! ......…
Toujours est-il que le Grand-Vicaire arriva à Montréal juste à temps pour l’ouverture du procès de Jones, marchand, de William Henry, accusé du meurtre de John Marcoux, boulanger, du même lieu. Le Procureur Général, qui représentait alors la Couronne, était un francophobe et un sanguinaire {ory. Cependant le Grand-Vicaire, le connaissant bien, obtint la faveur d’être entendu le plus tôt possible. En effet, les préliminaires accomplis, il prit place dans la boite aux témoins. Entre autres questions on Jui demanda en substance si, directement ou. indirectement, de quelque façon que ce fut, il était à sa connaissance personnelle que Jones était
. le meurtrier de Marcoux, et si c'était celui qu'on avait arrêté comme complice, mort depuis, et que Île curé connaissait bien pour l'avoir administré, qui avait tiré le coup de pistolet fatal. Le Grand-Vicaire déclara respectueusement qu’il ne pouvait pas répondre à cette question faite par le représentant de la Couronne...
Jt était clair que le Procureur Général ne tenait pas du tout, par ordre des autorités, à la condamnation de Jones, et qu’il voulait, au contraire, le libérer, comptant pour cela sur une réponse irréfléchie du Grand- Vicaire. Ilse trompait d'enseigne, car le témoin persista dans son refus. Pourquoi, dit le juge avec hanteür, ce mépris de cour de la part d’un ‘homme de votre position 7... ï Stat :
—Ce n’est pas de ma part, dit le prêtre avec énergie, par mépris pour
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qui, nnecutif ainsi arne- | MOif, la à l’é-
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emps accuureur et un obtint aires stions | quel- >S était Bb comMnistré, especle re-
par orontral- Grandrefus.
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; Ve qui avaient lieu, dans le Bas-Canada, lors de notre récit, absorbaient te
-boune raison que ça pritet ça devait prendre‘beaucoup de témps avant
is pour
. ces merveilleuses choses, que la diligence de la malle-poste de Sa Majesté ds
répondre. Quelle que soit ma réponse, on l’interprèterait comme une vio lation du secret de la confession. Je suis, du reste, ajouta-t-il, dans mon droit strict, car lors de la cession du pays à l'Angleterre, toutes nos immu:- | nités religieuses ont été garanties... :
Et il allait continuer, lorsque le juge dit avec chaleur :
—1l est défendu au témoin de faire des discours... Que demandezvous ? dit le juge au Procureur Général.
Ce dernier, voyant la fermeté du témoin, et se ravisant, dit au jug qu’il allait suspendre l’audition de ce témoin, pensant bien qu’il pourrait s’en passer, mais, én attendant, le Grand Vicaire fut, par l’ordre de la cour, mis sous la garde du shérif jusqu'à la fin du procès, ce qui, on le voit, n'avançait pas beaucoup L affaires du Grand Vicaire et augmentait son anxiété. ;
Pendant que cela se passait, il ÿ avait dans la foule qui bondait la salle d'audience, un pauvre malheureux de St: Ours, a figé d’un tic nerveux, lequel devenait plus intense et causait du bruit lorsqu'il était excité. L'incident du curé avait augmenté son affliction au point d'attirer sur lui l’attention du juge, homme irritable, le devenant davantage par suite de la contrariété que lui avait fait éprouver le Grand-Vicaire.
—Conduisez cet homme en prison, dit le juge en indiquant l'individu au tic nerveux... Sa figure me déplaît, ajouta le brutal magistrat...
Un huissier mit la main au collet de l’homme au tic nerveux; mais celui-ci, qui avait des muscles, et ne comprenant rien à la tentative, repoussa l'huissier... puis uh second... puis un troisième vinrent à la rescousse, et sans les bâtons avec lesquels on assomma le malheureux, on n’en serait pas venu à bout...
—Vous garderez ce vaurien en prison, dit brutalement;.le juge au shérif, jusqu'à la fin du procès...
Et on procéda.
Tel était le régime colonial anglais avant la révolution canadienne !
Le procès de Jones ne dura pas longtemps ; ça fut un véritable déni de justice. Un patriote avait été tué d'un coup de pistolet, ça valait mieux pour lui que la potence! Le réquisitoire du Procureur Général fut anodin, et la charge du juge fat violente contre les rebelles :-—La prenve ne révélait pas, dit-il, que c'était Jones qui avait tiré, que ça pouvait être l’autre qui était mort, en sorte que le jury, composé de fanatiques torys et de choyens français, acquitta Jones sans même sortir du banc. a fut aussila
libération, au bout de cinq jours, du Grand-Vicaire, qui s’empressa de rèvenir au presbytère de Sorel.
Les préoccupations et la fièvre résultant des graves événements poli-
ement la population, que le meurtre horrible du mari de Julie attira pen ou point l'attention psndant les premiers jours, pour, en outre, la
que.le fait fût connu de la population, car il :n'y avait point alors de ba- : teaux à vapeur, de chemins de fer, de télégraphe, de téléphone, et, à part
n/a DRAMES
4 || kemplaçait, les gazettes étaient rares, et on n’en faisait pas alors métier lu- 2 If)" cratif comme aujourd'hui. Les nouvelles à sensation dans lés papiers- Ja ‘ nouvelles n'étaient, du reste, connues que par le très petit nombre. Cependant la nouvelle de ce drame palpitant devant passer par la de Cour d’Assise, si on parvenait à mettre la main sur l’assassin, devait né- ré cessairement se répandre lentement mais avec certitude, de paroisse en pa ; paroisse, à partir du bee dn flonve où le crime avait eu lieu, jusqu'à Qué- 1 7 ec, et de là à Trois-Rivières, à la graude consternation de. Tante Sophie, de ‘1060 qui, on n’en doute pas, ne fut point lente à la communiquer à tous les habike tués de l'hôtel Bornard, ainsi qu'aux passagers, à chaque arrivée de la di- F ligence venant de Montréal, avec, on le pense bien, force commentaires. be Tante Sophie était l’amie sincère de Julie et même son admiratrice. cu
Ce ne fut toutefois que lors du rapport.ofhciei du fiasco de l'huissier thargé de l’arrestation de l'assassin—car c'était bien lui—que le récit du l drame parut dans les rares journaux, et avec force réticences, les familles | d que le drame concernait étant de premier ordre, en sorte que le silence F
s’imposait, au moins quant aux détails. C'est ainsi que, n'y ayant et ne Le pouvant pas y avoir procès (l’extradition entre le Canada et les États-Unis A
d'Amériqne étant alors sinon inconnue, du moins impraticable), le meurtrier du mari de Julie eut fort embelle de gagner la Nouvelle-Orléans, ainsi qu'il en avait prévenu son confrère de St-Ours, et c'est là que nous le re- sera trouverons plus tard.
À son retour au presbytère, le Grand-Vicaire fut enchanté d'apprendre que l'état de santé de Julie était rassurant. Les bons soins des dames, gs en ces occurences, sont les meilleurs médecins (mille pardons aux
isciples d'Esculape), avaient opéré merveille.
La convalescence fut d’autent plus rapide que le temps était beau, la chaleur bienfaisante du soleil, l’air pur dr St-Laurent saturé des bonnes
senteurs du jardin, et celui respiré par Julie, lors de ses promenades sous la g les gros pins avoisinant le presbytère (que, entre parenthèse, la Corpora- une tion de Sorel a laiseé détruire par le même vandalisme mercantile dont sy
nous nous plaignons ailleurs, cette pênière étant une richesse naturelle, un Ja 14 rare embellissement que la jeune cité a sacrifié pour toujouas) ; tout cela, des disons-nous, en nrocurant à Julie une fatigue désirable, amenait un som- don
meil d'enfant tout à fait réparateur, la jeunesse d’ailleurs, nossédant des ressources inépuisables et 4e merveilleux ressorts.
trar
Mais ça n'empêche que le jeune docteur était revenn plusie: s fois, en tan
l’absence du curé, revoir sa patiente, et nous ajuuteriors, s’il rous était ren
ermis de sonder le cœur humain, qu'il était, sinon devenu amoureux de des
a jeune veuve, du moins sôn admirateur, et des plus sympathiques... riad
Quinze jours se passèrent ainsi, Julie progressant de mieux en mieux, terr
| 108 lorsque survint la tante dont nons avons parlé, qui fut reçue, on n'en dou- ets
DRE te pas, À bras et cœur ouverts. On avait préparé les voies, en communi- . cail Nes quant, sagement à Jilie la lettre du curé C2##* parlant de la maladie
grave de son mari pour expliquer son absence, et Julie elle-même était tai
quasi heureuse de cet empêchement, en raison de son état précaire de san- ‘cen
té, si bien qu'elle avait mauifesté le désir de ne pes communiquer avec
DE LA VIE RÉELLE. 79 À son mari, de crainte, se disait la pauvre enfant, d’empirer par des angoislu- ses sou état déjà inquiétant de santé, et dont à dessein on lui avait insinué r8- la gravité, afin de préparer les voies à la triste réalité. ;
Les choses en étaient là, lors de l'arrivée de la tante, mise au courant de la situation ; cela fut naturellement réciproque ; maivon convint de ne né- révéler à Julie qu’à bon escient, et en temps opportun, tout ce qui s’était
passé là-bas et qui est si bien connu de nos lecteurs.
ué- t Nous l’avons dit, les communications étaient alors lentes et diiciles aie, de toutes manières.
abi- En effet, le premier bateau à vapeur avait été construit par Robert di- Fulton, et avait été baptise le Clément.
» Le père du Grand-Vicaire se rendant à Albany était, avec sa famille, » en 1807, sur le Clément, lors de son voyage d'essai sur l’Hudson.
S1eT Notons ici que notre vénérable curé appartenait à l’une des familles les du © plus anci-nnes et les plus considérées de l'Etat de New-York. Elle fut une illes des premières invitées au Lal qui fut donné à Albany, à Lafayette, lors de
ence son dernier voyage en Europe, et le Grand-Vicaire avait conservé précieuse-
Lt ne ment jusqu'aux bijoux que le: invités de la fanille portaient à cette occa-
Unis sion. .
sénat Quelques jours après l’arrivée de la tante, on résolut, dès que Julie
pest serait tout à fait convalescente, de noliser une goëlette, et de partir tous se ensemble, le Grand-Vicaire accompagnant, pour le bas du fleuve, dès que
les besax jours le permettraient.
Les deux familles étaient très riches, en sorte que la question de santé duminait celle de la dépense, et en ce bas monde l'argent qui procure le confort adoucit bien des aspérités au moral comme au physique. Les dé-
pren- shérités de ce monde, ou ceux sur quai les malheurs domestiques fondent LR en même temps que le présent et l’avenir font banqueroute, apprécieront AD | 1: situation de notre héroïne, nous en sommes sûrs, de même que les âmes ? d’élite compatiraient davantege s’il en était autrement. au, la Mais grâce à Dieu, tel n'était pas le cas pour uotre héroïne et ses paonnes rente et amis. Les ressources de la richesse n'étaient pas à discuter. Aussi s SOUS la goëlette fut-elle nolisée sans épargne, et par un temps radieux, après rpora- une messe dite à boune intention à laquelle assistaient nombre de gens e dont sympathiques au courant de la situation, dont Julie ignorait encore toute le, un Ja lamentable étendue, on prit passage à bord de la goëlstte accompagné t cela, des milliers de souhaits de bon voyage et d’heureux retour au bon curé, h som- dont les paroissiens se séparaient toujours avec le plus grand chagrin. nt des Le temps était radieux, le soleil si brillant qu'il rendait l'atmosphère transparente au point qu’on distinguait, de chaque côté du fleuve, en parfois, en tant de Sorel, tout ce qu'il y avait de pittoresquè et de vérdoyant. Et s était rendu au Chenal du ‘Toine, à l'entrée ds ; îles que Julie avait traversées lors
de son arrivée à Sorei, sur la r''ace vive, soas un ciel où brillaïient des my-
riades d'étoiles, en se penchant sur le bord de la goëlette descendant len-
tement, les passagers s’amusaient à regarder l’eau claire comme du cristal,
et au fond on voyait apparaître de nombreux poissons nageant autour des . cailloux qu’on auraît pu compter, malgré la profondeur de l'eau.
On avait tout le comfort désirable à bord de la jolie goëlette ; a temps était toujours splendide, mais comme le vent faisait souvent défant, la descente était lente, le courant seul aidant la plupart du temps, si bien qu’il
her avec
s’écoula plusieurs jours avant qu'on atteignit Québec, sans toutefois éprouver de fatigue ni d’ennui. Julie reprenait des forces à vue d'œil tant le. bon air du grand fleuve était fortifiant, et tant, disons-le, la jeunesse a des ressources inépuüisables lorsque la constitution, comme celle de Julie, est saine.
Notre Grand-Vicaire, qui était un lettré et un patriote, occupait ses loisirs à bord de la goëlette en revisant des notes sur l’histoire du Canada. Et pour donner uüe iàéo de son travail, l’oisiveté, disait-il, ôtant la mère de tous lesvices, il eu faisait part à ses compagnes. En voici un court résumé :
PRÉCIS DES ÉVÉNEMENTS PUBLICS QUI SE RATTACHENT A L'HISTOIRE DU CANADA, DEPUIS 1818.
1818— L’Angleterre accepte l'offre de la Chambre de se charger de la dépense civile de la colonie.
1819— Administration et mort du duc de Richmond,
1820—Arrivée du Tyran Dalhousie.
1822-—Nouveau projet infâme pour unir les deux provinces, mais le parlement anglais n’ose encore se décider à passer cette mesure arbitraire.
1823—Le pays exprime son mécontentement contre l'Union, ét députe en Angleterre l'honorable L. J, Papineau et John Nelson, Ecuier.
1824— Passation d’un bill favorable à l'éducation des canadiens ; les difficultés continuent entre le gouverneur et la chambre ; Dalhousie passe en Angleterre. , ;
1825—Administration pacifique de sir Francis Burton ; rotour de Dalhousie, continuation des difficultés ; récensément général de la population du Bas-Canada, qui se monte alors à 428,680 âmes.
1827—Conduite violente du gouverneur Dalhousie ; dissolution du Parlement. ; mise en force des vieillés ordonnances de milice ; destitution d'officiers de milice et de magistrats; espionnage inquisitorïäl ; poursuite pour des prétendus libelles contre MM. Jocelyn Waller, Ludger Duvernay, James Lane, etc. ; élections nouvelles hostiles à l'administration ; Dalhousie refuse M. Papineau comme orateur ; assemblées pour présenter des pétitions,à l'Angleterre.
1828-—Mission de MM. Viger, Nelson et Cuvillier en Angleterre, chargés des plaintes du pays ; débats dans la. Chambre des Communes, qui enfin s'occupe des affaires Ju Canada ; Dalhousie est rappelé ; sir James Kempt le remplace ; retour des Agents ; le parlement provincial s’assemble ; M. Papineau orateur, en dépit des difficultés suscitées par Dalhousie ; mort du pziriote, M. Waller.
1829-—-Sir James Kempt promet tout : les Canadiens confiants croient que le jour de la justice est arrivé; session laborieuse de la législature ; gl bill d’édneation ; premières élections dans les Townships de "Est.
1830—Kempt qui avait promis plus qu’il ne pouvait tenir, sollicite son rappel ; Lord Aylmer prend les rênes du gouvernement ; nouveau récenserment. ;
1881—Le procureur-général, James Stuart, est accusé de hauts crimes
prount le.
a des Le, est
it ses nada.
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