SCÈNE IV
L'ÉMIR, LES DEUX SOLDATS, puis LE CHEIK et LE CAPITAINE, et LE ZOUAVE
l'émir, aux deux soldats qui entrent lentement.) Hier, vous avez eu peur, tous deux... Il fut bien prompt,
L'acte qui vous lava le baptême du front ;
Pour effacer cette eau du Christ, il faut un fleuve.
PREMIER SOLDAT
Un fleuve?...
l'émir
Écoute-moi : j'exige une autre preuve.
Le Français, votre chef, va venir... — Le voici. Vous êtes musulmans; qu'il le devienne aussi Par vos conseils. A lui la vie, à vous des sommes ; A tous la liberté.
(Le capitaine entre avec le Cheik et le Zouave.) le capitaine, entrant à VÉmir.
Me rendras-tu mes hommes?
l'émir Suis-je Dieu? Je ne suis que le roi des déserts.
(Un temps.) Et toi, mon prisonnier.
LE CAPITAINE
Mais c'est Dieu que je sers.
Mes hommes m'ont frayé le chemin qu'il faut suivre : Soldat, et prisonnier, que m'importe de vivre ? Dix fois dans tes déserts j'ai donné de mon sang : Mais je garde mon âme au Christ.
l'émir, à part.
Le fier accent!
(Au capitaine.) Tu vaux mieux qu'un Français, toi ; ton peuple est impie.
LE CAPITAINE
Quand mon peuple commet quelque excès, il l'expie ;
Le ciel à l'un de nous impose ce mandat,
Le plus souvent au prêtre et souvent au soldat.
Nos trente morts, Français bien vrais, âmes bien hautes,
Là, dans ce fossé rouge, ont lavé bien des fautes.
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l'émir Soit. — Toi, songe à ta vie ; elle est en ton pouvoir... A bientôt.
{Aux Français.) Et vous trois, faites votre devoir.
(// remonle vers la gauche; entre le mendiant.)