‹ Drames françaisChapitre 131 sur 137 · LE CAPITAINE, LES DEUX SOLDATS, LE ZOUAVE LE KABYLE · texte numérisé non relu

LE CAPITAINE, LES DEUX SOLDATS, LE ZOUAVE LE KABYLE

le capitaine, au Kabyle.

Laisse-nous, mendiant.

LE KABYLE

Ne crains rien. Ma chanson n'est qu'un expédient, Un passe-port qu'il faut montrer pour qu'on m'accueille. Je suis Français de cœur.

LE CAPITAINE

Comment?

le kabyle, tendant une feuille.

Lis cette feuille.

LE CAPITAINE, Usant.

La Moricière!

le zouave, vivement.

Il vient?

PREMIER SOLDAT

Sauvés !

LE KABYLE

Sauvés ! non pas.

Le Colonel vous cherche ; il viendra sur mes pas ; Il m'attend. Tout est prêt pour votre délivrance. Lisez.

LE CAPITAINE, Usant.

« Chers camarades,

« J'envoie dans toutes les directions. Sitôt vos traces « découvertes, nous volerons à votre secours, coûte que « coûte.

« Bon courage, bon espoir. Comptez sur moi.

« Vive la France I « Colonel de la Moricière. »

PREMIER SOLDAT

C'est le salut.

LE zouave Oh ! oui : vive la France !

le capitaine, au Kabyle.

Va.

LE ZOUAVE

Cours.

PREMIER soldat Sont-ils loin?

LE KABYLE

Oui. Quatre heures de chemin.

PREMIER SOLDAT

Quatre heures !

LE KABYLE

Mais ce soir, au plus tard, ou demain... le capitaine, remettant au Kabyle un billet et sa

bourse, puis sa croix.

Au colonel, ceci. Pour toi, cela. — J'oublie ; Ma croix...

(Un temps.) Et si je meurs, ami, je t'en supplie, Cette croix à ma mère, et qu'on lui dise bien Que je meurs pour ma foi, pour la France, en chrétien. (Le Kabyle s'éloigne rapidement à gauche.)

Page 1