SCÈNE III VINCENT, BENOIT, GRÉGOIRE
Grégoire, tenant un nid dans ses mains, descendant, à Benoît.
Vois donc, ils sont charmants.
Vincent, moitié triste.
Mais ils sont malheureux.
Et leur mère, là-bas, se lamente sur eux.
GRÉGOIRE
Oh ! je les nourrirai, dans une grande cage. Ils y seront très bien.
VINCENT
Bien mieux dans leur bocage.
(// se découvre et s'agenouille un instant aux pieds de la Madone.) benoît, regardant les oiseaux.
Très jolis.
GREGOIRE
Des bouvreuils.
BENOIT
Vincent, regarde-les ; Et leur nid, qu'il est doux !
VINCENT
Leur nid est un palais ; Dieu les aide à bâtir leur demeure si douce, C'est lui qui leur fournit le crin, l'herbe, là mousse : Lui qui fleurit sur eux la branche du buisson ; Qui met dans leur gosier leur première chanson ; Il les garde ; il leur donne asile et nourriture.
benoît, prenant et montrant son livre ouvert. « Aux petits des oiseaux Dieu donne la pâture... »
Vincent, tournant le feuillet.
Lis encor cette page...
GRÉGOIRE
Ah ! des sermons ! toujours ! .. .
Le dimanche, c'est bien, mais pas les autres jours.
VINCENT
Prête-moi tes bouvreuils... pour que je les délivre.
GRÉGOIRE
Moi, je veux m'amuser ; mon nid vaut mieux qu'un livre ; Votre livre est très laid, mes bouvreuils sont charmants, Et je vais, avec eux, passer de bons moments. Lisez ; moi, je m'amuse... Oh ! gentille nichée !
(Parlant aux oiseaux.) Point de cris affolés, de mine effarouchée !.. . Petits, n'ayez pas peur et ne vous fâchez pas. Allons, sifflez, chantez, gagnez votre repas.
Vincent, à Benoît, à V avant-scène.
Lis ce chapitre.
(Grégoire va s'asseoir sur le banc et caresse les oiseaux. )
benoît, lisant.