‹ Drames philosophiquesChapitre 260 sur 319 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ruinées ne sort pas néanmoins abolies, que le devoir/ est, comme l'honneur, en dehors et à quelques égards au-dessus du raisonnement. Ses sentiments étaient en tout les miens. La foi que j'avais en son honneur, comme celle qu'il avait en ma vertu, était absolue. Et demain, il va mourir avec moi. Nous serons assis côte à côte. Nous échangerons nos pensées jusqu'à la dernière heure. Le même couperet tranchera nos têtes ; notre sang se mêlera ; nos têtes s'embrasseront peut-être dans le panier.

Bile éprouve un frisson, puis fond en larmes.

0 Dieu, j'ai eu tort sans doute de trop subtiliser ton existence. Une entité idéale ne me suffit plus; je voudrais un consolateur vivant. Préférer la pudeur à la vie, sacrifier tout au devoir abstrait, nous le faisons avec allégresse; mais qu'il y ait au moins quelqu'un pour nous voir, pour nous encourager, pour nous accueilHr dans ses bras à l'extrémité de l'arène sanglante!.. Morne sérénité, tu ressembles trop au néant. 0 vide horrible! Quel-

442 L'ABBESSE DE JOUARKE.

qu'un, au nom du ciel ! quelqu'un! Je ne sais pas

bien qui je prie; mais je prie.

Bile tombe à genoK'

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