‹ Drames philosophiquesChapitre 263 sur 319 · D*ARCY · texte numérisé non relu

D*ARCY

Votre grande intelligence, saisissant à la fois les pôles bpposés des choses, a toujours séparé Tesprit de la lettre, l'institution de son but idéal, la convention de ce qui la justifie. La nature veut que nous jouissions, et elle nous commande de limiter notre jouissance. Elle veut que nous aimions, et elle nous fait trembler devant l'amour. Jamais je n'ai médit de ces règles en apparence arbitraires, qui sont la condition même de l'existence. La société rieuse où nous avons vécu ne m'a pas imposé sa frivolité. L'amour a toujours été pour moi quelque chose de sacré. Il le fut aussi pour vous. Eh bien, pourquoi ne voulezvous pas que nous goûtions les fruits de notre irnocence? Un moment de bonheur, un moment d'oubli ne nous est-il pas bien dû? Est-ce trop vraiment que la vertu ait, à la dernière heure, une rapide mais souveraine récompense? Ma chère, ma chère, les heures passent; déjà l'aube de notre

446 L'ABBESSK DE JOUARRE.

dernier jour commence à poindre. Laissez-moi prendre sur vos lèvres un baiser.

JULIE

Ami, je fais mal peut-être ; maib jo vous aime de tout mon cœur.

Bile se laisse baiser sur les lèvres.

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