ACTE QUATRIÈME
vienne réel; il faut transformer nos esprits en poudres, en gaz. N'est-ce pas^ Lionardo?
LIONARDO
Oui, mon maître.
SIMPLICON. à part.
L'instruction intégrale et obligatoire remédierait à tout.
BEVILACQUA
Mais, seigneur, il s'agit pour le moment de nous défendre.
ORLANDO
11 s'agit de défendre les droits de la vie noble et de la beauté. Voilà Imperia, par exemple. L'état social légitime est celui qui met aux pieds d'Imperia, les perles, les diamants et l'or, puisque ces matières précieuses n'ont d'autre objet que de la parer. La beauté jouira-t-elle de tous ses privilèges sous le règne de Caliban ?
PROSPERO
Fiez-vous à Imperia pour se défendre. Quant à vous, défendez- vous, messieurs ; la supériorité de rhomme sur l'iiomme est finie, en attendant qu'elle recommence. Nos vieux prestiges sont frappés à mort. Ma science, c'est-à-dire ma force, n'atteint pas le peuple. Que chacun se pourvoie. Avec le temps, cela changera. Nos moyens de domination sont brisés dans nos mains ; il faut attendre qu'on en ait inventé d'autres, d'autres que le peuple ne puisse appliquer.
Arriyent Bonaccorso et quolqaos prud'hommes de Milan. BONACCORSO.
Nos respects à Votre Altesse. Elle n'a jamais voulu que le bien ; elle le voudra encore aujourd'hui. Qu'elle cède. Le nouveau gouvernement paraît bien intentionné ; Galiban est déjà le centre du parti modéré.
PROSPERO
Je céderai tout, excepté le droit de rire.