‹ Drames philosophiquesChapitre 9 sur 319 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

d'insulter. Me donner le langage, c'était m'armer pour cela. Je n'ai pris de la langue des Aryas que Tordure et le blasphème. C'est plus fort que moi, »e ne peux m'empêcher de maudire.

ARIEL

Tu voulus aussi violer Miranda.

GALIBAN.

Après tout, nous aurions peuplé l'île. Les hommes se valent. Son père me devait un salaire. Je fendais son bois, j'allumais son feu , je portais Teau ; sans moi, il n'aurait connu ni champs ni arbres.

ARIEL

Tu me scandalises et tu m'irrites, autant que je peux être irrité. Je ne peux te réfuter ; car réfuter n'est pas mon fait. Pour moi, je sers l'idée avec bonheur. Après la catastrophe du navire dans l'île enchantée, mon maître me promit la liberté.

« Retourne aux éléments, me dit-il ; sois libre et porte-toi bien. » De jour en jour, j'ai cru qu'il allait me lâcher, et, chaque jour depuis, il m'appelle son petit oiseau, son gentil Ariel, et moi je reste, et je ne lui rappelle pas seulement sa promesse. Il fait ici de si belles choses!...

Ah ! pour cela, par exemple, ça m'est bien égal.

ARÏKL.

Des choses très supérieures à ce qu'il faisaH dans l'île.

Oui, c'était charmant! Des crampes, des tiraillements horribles, des serpents, des hérissons sous les pieds, des scies, des râpes, des lardoires, des tenailles qui vous étiraient, vous torturaient, enfin une géhenne de tous les jours. Et puis voilà ce qu'il y avait de honteux Ariel. Ah ! toi, tune sens pas cela. Tu es rehgieux, soumis; tu acceptes ta

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