‹ Drames polonais d'Adam MickiewiczChapitre 2 sur 35 · S^' ^XC · texte numérisé non relu

S^' ^XC

Lettres a m. Ladisias Mickiewicz

Monsieur, je n'ai eu entre les mains qu'un manuscrit ou plutôt une copie de manuscrit de votre illustre père. C'était un drame polonais dont je ne me rappelle pas le titre et qui ne me parut pas facile à adapter à la scène française. Mais je n'avais pas à le juger. J'étais chargée seulement de le remettre à M. Bocage et de lui en recommander la lecture. Il y trouva de très-belles choses, en effet, mais rien de ce qui devait produire un effet immédiat sur le spectateur. Néanmoins il s'occupa de le faire accepter dans un thé&tre de drame, et à cette époque, — que je ne puis préciser, — je quittai Paris. Plus tard, votre père me fit redemander le manuscrit que Bocage n'avait pu faire accepter et qui avait dû rester entre ses mains. Je le redemandai à Bocage qui me dit l'avoir remis à MM. Sobanski et Qrzymala, chargés déjà de le lui réclamer. Plus tard encore, je sus que votre père ne l'avait pas reçu. J'en parlai encore à Bocage qui ne se souvenait plus s'il l'avait remis à M. Grzymala, à M. Sobanski, ou déposé chez votre père luimême, mais il assurait l'avoir restitué exactement dès la première réclamation, et je crois que cela est vrai, parce qu'il avait de l'ordre, et ne re* mettait pas les choses au lendemain.

Je croyais que depuis longtemps ce manuscrit qui n'a jamais repassé par mes mains avait été retrouvé et restitué . Peut-être l'a-t-il été, mais je regrette de ne pouvoir vous donner d'autres reuseigaernei^ts.

Recevez l'expression de mes sentiments affectueux.

G. Sand.

Nohant, 18 août 1863.

Paris, 30 juillet 1867.

Monsieur, La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser, le 27 de ce mois, m'a fait faire tons les efforts possibles pour me rappeler les circonstances qu'une si longue suite d'années, mes souffrances et ma vieillesse ont pu naturellement, sinon effacer de ma mémoire, du moins involontairement déplacer en grande partie.

Les souvenirs de Bocage me paraissent confondre l'historique des transmissions du précieux manuscrit en question. Madame Sand, pénétrée sincèrement

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