‹ Drames religieux;Chapitre 18 sur 75 · LE MUSICIEN · texte numérisé non relu

LE MUSICIEN

Nous obéissons. (H sort. — La musique se fait entendre sans discontinuer jusqu'à la fin de l'acte.)

AMON

Je ne renoncerai pas à te posséder. — Jonadab, ferme à l'instant.

l''^ JOURNÉE 5 7

JÜNADAB, du deliors.

Voilà la porte fermée.

Songe aux conséquences...

AMON

Je ne les crains pas.

TAMAR

Père ! Seigneur ! Absaion !

AMON

Etouffés par cette douce harmonie, tes cris ne servent à rien.

TAMAR

Je crierai donc vers le Ciel.

AMON

Le Ciel est longtemps à répondre.

TAMAR, lui arrachant son épée .

Eh bien, si tu me suis, je te frapperai de ce fer. Je ne manque ni de force, ni de courage.

AMON

Tu m'as blessé en l'arrachant du fourreau. C'est peut-être un présage, mais il n'est plus rien que je craigne, au moment de commettre ce viol. J'irai jusqu'au bout, puisque je me suis déclaré. Car il est certain que...

AMON ET LES MUSICIENS

Il n'aime pas,

Celui qui garde le silence (H).

DEUXIÈME JOURNÉE

Entrent AMON et TAMAR.

AMON

Va-t'en^ sors d'ici, poison que contient une tasse dorée, sépulcre mag^nifique au dehors, harpie dont le séduisant visage cache un monstre dégoûtant! Image du basilic, tes regards dardent du venin, et tu attentes à ma jeunesse, frappée à mort d'un cruel désespoir. Se peut-il que je t'aie aimée ? que je t'aie voué quelque tendresse? horrible fruit de Sodome, dont la pulpe n'est que charbon sous une écorce vermeille. Va-t'en, tu es l'horreur et le châtiment de ma vie ! Sors, j'ai peur. Je me sens pour toi plus de haine que je n'eus d'amour tout d'abord. — Holà ! qu'on la chasse.

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