‹ Drames religieux;Chapitre 29 sur 75 · Salid si?i duelo, lagrimas, corriendo · texte numérisé non relu

Salid si?i duelo, lagrimas, corriendo

Vers de Garcilaso de la Vega qui revient, comme un refrain, à la fm des stances de Salicio (1'"'^ églogue).

30. David, fugitif à travers la montagne, rappelle nécessairement le roi Lear errant à travers la bruyère.

31. Valentin Schmidt, Die Schau^piele Calderones, p. 260, croit que Calderón, en écrivant ces vers, faisait allusion à la mort mystérieuse du prince Don Carlos. Je doute que le poète ait voulu excuser publiquement, aux yeux des sujets de Philippe IV, le crime, réel ou supposé, de son aïeul. Mais il est évident cfue l'auteur des Cheveux d'Absalon s'est souvenu, en écrivant cette

pièce, de l'admirable drame de Diego Ximenez de Enciso, El principe don Carlos. Un parallèle serait facile à établir entre le David et l'Absalon de Calderón, et le Philippe II et le Don Carlos du poète sévillan. Certaines scènes de ces deux œuvres offrent des analogies frappantes.

32. « Plein de rage, le roi David se déchire le cœur, ayant appris que dans le combat on lui a tué Absalon. Il couvrit sa tête et monta sur sa terrasse. Des larmes de ses yeux il baigne ses cheveux blancs. De sa bouche s'échappe cette plainte :«0.' fili mi, o! fili mi^o! fili mi Absalon! (1) » Qu'est devenue ta beauté, ta perfection extrême? Tes cheveux dorés semblaient des rayons de soleil; tes beaux yeux bleas, des hyacinthes de Sion. Oh! mains qui commirent pareil crime, ennemies de toute raison! Ah! Joab, qu'as-tu fait? Il ne le méritait pas! N'as-tu pas considéré qu'il était mon fils, dont fut béni rengendrement?Que lui donner la mort c'était doubler ma passion? Toutdésobéissant qu'il était, je lui eusse accordé mon pardon. Si tu avais suivi mes ordres, tu me l'aurais ramené prisonnier. Oh! mère qui le mis au monde, comment pourras-tu te consoler? Que tes entrailles se déchirent, que se brise ton cœur! Pleurons, père et mère, notre enfant béni. « 0! fili mi, o! fili mi, o ! fili mi, Absalon! ».

Romancero general, n° 453

« Joab et le bel Absalon se sont rencontrés en Ephraïm avec deux puissantes armées. Ils se sont livrés une bataille où la victoire, très indécise, resta longtemps en suspens. Vingt mille hommes d'armes y périrent. Absalon y fut tué et son armée taillée en pièces. Joab, plein de joie de se trouver en si bonne posture, content de la victoire qu'il avait gagnée ce jour-là, s'en fut en hâte annoncer cette nouvelle à David. Il croyait le trouver joyeux de se voir débarrassé de son fils rebelle, qui voulait lui enlever ses Etats et qui s'était rendu coupable contre lui de mille autres offenses. Mais Joab le trouva triste, en pleurs, très affligé, ses vêtement déchirés, répandant sur lui de la cendre, « Oh! mon fils Absalon, disait-il plein de désespoir, oh! Absalon, mon fils! qui reçus en dot une beauté si parfaite. Oh! merveilleux visage, façonné par Dieu afin que sa toute-puissance fût par tous célébrée ! Comme la triste mort doit l'avoir défiguré ! Comme elle doit l'avoir ravi toutes tes fraîches couleurs! Oh! douleur déplorable pour un père infortuné! voir un fils si beau redevenu poussière si prématurément! ;►> Il ne cessait de

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