Voyage en Espagne, ch. x
5. Outre divers imprimés, j'ai consulté à Madrid un manuscrit très intéressant de la Biblioteca Nacional (F, 169). Ge ms. pet. in-4, sur papier, contient : la vie de saint Isidore, celle de saint Ildefonse et le traité De perpetua virginitaíe, traduit du latin en castillan. Quoique daté de 1578, il semble n'être que la copie d'une rédaction beaucoup plus ancienne.
cations de la Vierge, on lui donna le nom d'Ildefonse, qui signiñe Gracieux (1). Tout jeune, il montra envers sa divine protectrice la dévotion la plus tendre. « A quiconque il entendait prononcer le nom de Marie il baisait les mains et les pieds, et toute chose qu'il pouvait faire pour Famour de sainte Marie, il la faisait de très bon gré, et rien ne lui était plus agréable (2). ))Saint Eugène, troisième de ce nom et oncle de Tenfant, fut son premier maître. Bientôt, satisfait de ses progrès, il l'envoya étudier à Séville, sous saint Isidore. Lorsque Ildefonso revint à Tolède, il désira se consacrer à Dieu et se retira, malgré la terrible opposition de son père, à l'abbaye d'Agalia, voisine de la ville . Nommé successivement abbé de ce monastère, puis évêque (3) de Tolède, à la mort de saint Eugène, il édifia l'Espagne et la chrétienté par ses écrits, par sa sainteté, par les miracles dont il fut l'objet. C'est cette dernière période de sa vie que retrace le drame de Calderón.
Bien des livres racontent l'épisode des hérétiques confondus, et les désignent sous les noms les plus divers. Mais, qu'ils s'appellent Teudius, Heladius, Florindo, ou Jovinien, Pelage, Helvidius, qu'on les fasse originaires de la Gaule narbonaise ou de Clermont-cn-Auvergne,ce n'en sont pas moins des êtres ou purement fictifs, ou antérieurs de plusieurs siècles à Ildefonso. La légende ne s'embarrasse pas de si peu, et Vadivielso, dans un auto dont nous parlerons plus loin, ne craint pas de donner à un de ces mécréants le nom d'un saint évêque de Saragosse : Braulion, contemporain et correspondant de Récesvinthe. Saint Iblefonse, après qu'il eut écrit le traité Deperpetua virginitate {^), fut considéré en Espagne comme l'adversaire le plus redoutable de toute hérésie. L'opinion populaire, peu soucieuse d«^ la vraisemblance chronologique, lui attribua certainement des triomphes auxquels il ne participa jamais. C'est ainsi que, lors des fêtes célébrées à Tolède en 1016, on le représenta combattant une
1. P. Antonio de Quintanadueùas, S«/iio5 delà impertal ciudad de Toledo, Madrid, Pablo del Val, 1G51, p. 295, ch. ii.