LA VIERGE
Je viens, Ildefonse, te témoigner ma gratitude pour ton zèle et ta dévotion. Je viens triomphalement, en ce royal appareil, récompenser de ma main le soin que tu as pris de défendre ma pureté. Cette chasuble, auprès de laquelle le soleil n'est qu'un astre sans éclat, je te l'apporte afin que tu sois galamment vêtu le jour de ma fête. Moi que tu as célébrée comme ta dame, je désire le voir vêtu à mon goût. — Et vous, ô mon portrait, en qui je me contemple moi-même comme en un limpide cristal, vous, ma fidèle copie, ouvrez-moi vos bras et sachez que ce baiser est le présage d'une séparation prochaine. Quoique toujours présent devant mes yeux vous devez, ômon portrait, rester caché quelque temps. Gomme moi, vous devez souffrir en ce monde misères, nécessités, exils, infortunes, et, en cela aussi me ressembler. Mais un temps viendra oii vous vous verrez l'objet du culte le plus respectueux, dans votre chapelle magnifiée comme une merveille sans seconde (12).
Hautbois. Un rideau voile le fond de la scène. PAYO.
Ici, messieurs, le poète donne fin à tout ce qu'il a pu
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recueillir sur ces origines. — Le soleil, dans sa révolution dorée, a passé bien des ans. Autres sont maintenant les hommes et le siècle; autres, les costumes et les mœurs. Et c'est la perte déplorable de la divine image que vous êtes invités à voir en ce deuxième acte.
PERSONNAGES
ABEN TARIF, More.
GODMAN, gouverneur de Tolède.
THÉODOSE, vieillard.
ALI
IÑIGO.
RODRIGO
MUZA