‹ Drames religieux;Chapitre 60 sur 75 · Spéculum historíale, lib. xx, cap. xxni-xxiv · texte numérisé non relu

Spéculum historíale, lib. xx, cap. xxni-xxiv

Ll:: PURGATOIRE DE SAINT PATRICE 57 9

et d'un contemporain de Calderón, l'appréciation consignée dans le ms. Ce, 90 de la Biblioteca Nacional de Madrid.

Ce mémoire est adressé à un personnage de qualité par un anonyme — homme d'église ou de couvent, — qui lui donne le titre de Vuestra Excelencia. L'écriture est du xvii° siècle. L'opuscule en question eut peut-être pour bnt de résoudre une controverse motivée par le drame ác Calderón, ou par celui de Lope de Vega dont nous parlerons plus loin. Mais il est plus probable encore qu'il fut écrit pour répondre au chapitre iv du livre de Montalban ": Pruébase con autoridad y razones ser cierto el Purgatorio de S'in Patricio, L'auteur passe en revue les différents écrivains sacrés ou profanes qui, d'une manière spéciale ou incidente, s'occupèrent de saint Patrice. Il enregistre ou réfute leurs arguments, et conclut en déclarant inadmissible l'existence de la caverne expiatoire. Il n'entre pas dans le cadre de cette étude d'examiner les considérations théologiques ou autres que l'anonyme invoque à l'appui de sa thèse. Retenons simplement que, vers le milieu du xvii« siècle, diverses œuvres, nationales ou étrangères, avaient attiré l'attention de l'Espagne sur le patriarche irlandais.

C'est vers le x® ou le xi^ siècle que les moines hiberniens recueillirent l'histoire de saint Patrice et l'écrivirent en langue latine. L'un deux, Probus, s'inspirant de la Confession laissée parl'apotre lui-même, rédigea une Vita sancii Patricii en deux livres. Cette notice biographique, longtemps attribuée au vénérable Béda, écrivain anglais du vni° siècle, figure encore comme telle dans l'édition de ses œuvres complètes publiée à Cologne en 1612. On lit cependant à la fin du Livre II: « Ecce habes, f rater Pauline, à me humili Probo postulatum nostrse fraternitatis indicium, quo nos paupcres aliqua tibi de sanciissimi patris nostrl Patricii Episcopi virtiitibus scribere cupiebas. » « Le cardinal Robert Bellarmin (1398) dans son traité des Ecrivains ecclésiastiques donne la liste des œuvres de Béda, et ces deux Livres ne figurent point parmi elles. Jean Trilhème (1462-1516) a dressé le catalogue des œuvres de Béda [De scriptoribvs ecclesiasticis) et n'en dit rien non plus. César Baronius (15381607) dit que ces livres sont l'œuvre du moine Probus (1) ». A l'exemple de ses illustres' devanciers l'abbé Migne n'a pas inséré la Vie de saint Patrice dans son édition des œuvres complètes de Béda (2).

Au xn" siècle, Henri, moine de l'abbaye de Saltrey (Henricus Saltericnsis), et Jocelin. moine cistercien de l'abbaye de Furnsey,

Page 1