‹ Drames religieux;Chapitre 66 sur 75 · POLO MA · texte numérisé non relu

POLO MA

Cette main. (Elle la lui tend.)

FILIPO, s'interposant.

Non! Gela, je saurai l'empêcher. Je n'en puis souffrir davantage,

POLONIA

Hélas!

FILIPO

Cette main, — malheur à moi ! — est-ce au premier étranger venu que tu la donnes? — Et toi, qui n'as pas craint d'élever tes prétentions jusqu'au soleil, au risque d'être dépouillé de ta grandeur, as-tu oublié, dis-moi, le temps où tu fus mon esclave? Oses-tu t'attaquer ainsi à l'objet de mes désirs?

LUDOVIC

Ma hardiesse présente vient de ce que je suis, non de ce que je fus. Il est vrai, tu m'as eu pour esclave. Nul ne peut fixer la roue de la fortune inconstante. Mais ma noblesse est maintenant assez grande pour égaler, sinon pour surpasser la tienne.

11° JOURNÉE 3 î5

FI LIFO.

Surpasser, dis-tu?... Infâme, téméraire...

LUDOVIC

En tout ce que tu viens de dire, Filipo, tu t'es trompé.

FILIPO

Point du tout!

LUDOVIC

Tu ne t'es pas trompé? C'est, alors, que...

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