Textes consultes par lo traducteur
1. — Primera parte de comedias de D. Pedro Calderón de la Barca, Madrid, viuda de Juan Sánchez, 1640.
II. — Famosa com'' del Purgatorio de Sanpatriçio, manuscrit Res. 7% 54 de la Biblioteca Nacional de Madrid, avec licences et observations datées d'octobre 1640 et 16.")2.
III. — Primera parte de comedias del celebre poeta español Don Pedro Calderón de la Barca..., Madrid, Francisco Sanz, 1685.
IV. — Comedia famosa El purgatorio de San Patricio, de Don Pedro Calderón de la Barca, s. 1. n. d. ni nom d'imprimeur; suelta ancienne datant selon toute apparence du xvn" siècle.
V. — Las comedias de D. Pedro Calderón de la Barca... dadas á luz por Juan Jorge lieil, Leipsick, Ernesto Fleischer, 1827-1830,
VI. — Comedia'i de Don Pedro Calderón de la Barca, colección... hecha é ilustrada por Don Juan Eugenio Hartzenbusch, Madrid, Rivadencyra, 4 vol. de la Biblioteca de autores españoles (t. I de Calderón, VII de la collection).
2. Autrefois: Nemthur; aujourd'hui : Kirckpatrick. Montalban écrit : Emptor.
3. Ch'ei non peccaro : e s'egli hanno viercedi, Non basta, peroh' é non ebbe>' baflesmo, Ch'tí porta delta F^de che tu credi.
U Inferno, c. iv.
Je ne crois pas que Calderón, en écrivant son drame, se soit appliqué à imiter telle ou telle pensée de Dante. Je signalerai néanmoins quelques passages où le poète espagnol, soit hasard, soit réminiscence, s'est rencontré avec le poète florentin.
4. Le récit de ces miracles se trouve déjà dans Jocelin. Les plus anciens biographes de Patrice racontent aussi le songe que l'on a lu aux premières scènes de ce drame.
i). Polonia prédit elle-même son avenir. Procédé familier h Calderón et dont nous avons déjà vu des exemples dans Les cheveux d'Absalon, pp. 71 et 72.
6. C'est seulement en 1642 que Richelieu prit Perpignan aux Espagnols.
7. Chacun sait qu'il n'y eut jamais en France roi portant le nom d'Etienne. Il s'agit ici d'Etienne de Blois, lequel fut roi d'Angleterre. « Le roi Henri P"" venait de mourir (1133) et ses restes n'étaient pas encore ensevelis, lorsque Etienne, son neveu, fils de sa sœur Adèle, épouse de Thibaut, comte de Boulogne, et frère de Thibaut-le-jeune, comte de Blois, seigneur célèbre par sa bravoure et son intrépidité, tenta Dieu et s'empara du diadème, quoiqu'il eût fait à l'impératrice serment de fidélité pour le royaume d'Angleterre, » Mathieu Paris, Grande chronique de Mathieu Paris, traduite par A. Huilard-Bréholles, Paris, Paulin, 1840-41, t. I, p. 305.
8. Ces enlèvements de religieuses étaient chose fréquente, comme en font foi nombre de textes plus ou moins anciens. Le toi Alphonse-le-Savant, dans les Siete partidas (Par, I, tit. xviii, 1. vi) prévoit « quelle peine méritent ceux qui enlèvent les nonnes des monastères pour coucher avec ellSs » et les frappe d'excommunication. Son fils, Sancho el Bravo, dans son livre Castigos é documentas (cap. xvin), raconte avec une belle énergie tragique l'histoire d'une nonne prête à abandonner son monastère pour suivre un amant : «... Dès que cette malheureuse vit toutes ses compagnes plongées dans le sommeil, elle sortit de sa cachette, l'heure étant venue où elle devait retrouver le cavalier. Elle s'avança au pied de l'autel, et se prosterna à genoux devant un crucifix pour dire son Ave Maria, comme elle avait coutume. Alors, une image de la Vierge, qui était au pied de la croix, se mit à parler et lui adressa ces paroles : « Où vas-tu, malheureuse femme ? Nous abandonnes-tu, mon fils et moi, pour le diable ?» A ces mots le Christ, se détachant de sa croix, sauta à terre et se mit à courir à travers l'église à la poursuite de la nonne. Il avait encore aux pieds et aux mains les clous qui le fixaient à la croix. Et, avant que la nonne eût atteint la i^orte, le Crucifié leva la main droite et la frappa si violemment au visage que le clou pénétra par Une joue et ressortit par l'autre. »
Dans le récit catalan dont nous avons parlé (p. 276), le vicomte de Perellos, ou celui qui écrivit sous son nom, rencontre au Purgatoire : « Frayre Francés am loqual aissi meteys jeu parliey
suffria sa major pena per una monea que trayssec d'un moncstier e fora estât dampnat se no fos per grand penedens^a e contriclio que ac de son peccat c penedenssa facha en sa vida. » Ce texto, de même que la loi d'AIphonse-le-Savant, sans parler de bien d'autres exemples postérieurs, prouve que les ecclésiastiques ne reculaient pas plus que les séculiers devant ce rapt sacrilège.
« Cela n'avait rien d'étonnant au xvii'' siècle, et il y a maint exemple de couvents pris d'assaut, de religieuses enlevées avec leur consentement, que l'on peut lire dans les lettres des Jésuites et dans différents auteurs. Un fait, relaté par Jorquera en ses Anales inéditos de Granada, prouve bien que la passion amoureuse était plus forte que la dévotion du peuple, que les grilles et les vœux, que l'excommunication et toutes les rigueurs de la justice : « Au mois de septembre 1615, on exécuta en cette ville de Grenade un certain Gaspar Dávila, lequel avait violé la clôture du couvent de Santa Isabel la Real, pour en enlever une religieuse. Il fut pendu sur la Plaza Nueva. Ladite religieuse, que je lïe nomme pas parce qu'elle est femme de qualité, fut emmurée dans ledit couvent. »... Il existait alors ce que l'on appelait les correspondants, dévots ou galants de nonnes; hommes qui les visitaient souvent et familièrement à leurs parloirs. Fray Antonio de la Anunciación adressa à Philippe lY un mémoire dont il circule encoi^e des exemplaires imprimés et dans lequel il déplore la conduite de ces amoureux platoniques de nonnes. « Car certaines personnes vertueuses ayant lu par hasard les papiers qu'ils écrivent, y ont relevé des expressions lascives ou peu modestes, qui ne sauraient être qu'un objet de scandale. De plus, quelques-uns de ceux qui fréquentent ces parloirs n'hésitent pas à confier à autrui, fût-ce sur les places publiques ou dans une nombreuse réunion, les faveurs (comme ils disent) qu'ils ont reçues de leurs nonnes... Les parents, dont les filles vivaient chez eux dans la retraite, sont scandalisés de ces mœurs des couvents. Mais leurs plaintes ne servent à rien, car les prélats, s'ils s'adressent à eux, font la sourde oreille et se contentent de répondre que « telle est l'iiabitude ». D. Adolfo de Castro, Discurso anerca de las costumbres públicas y privadas de los Españoles en el siylo xvii, fundado en el estudio de las comedias de Calderón, Madrid, 1881, cap. xxvn.
Que dut penser de ce mémoire le galant monarque auquel ces mœurs avaient inspiré, dit-on, le spirituel, satirique et libre saínete intitulé Lo que pasa en un torno de monjas, et qui luimême, s'il faut en croire la tradition, ne dédaigna pas les amours conventuelles ?Son règne fini, on n'entend guère plus parler de ces
intrigues éLríinges (jiii, sans donlo, ne survécurent pas longtemps aux i^ailleries de Quevedo. Elles laissèrent néanmoins une trace durable dans la littérature espagnole, depuis Los feliccfi amantes d' Avellaneda {Don Quijote, cap. xvn-xx) jusqu'à Margarita la tornera de José Zorrilla; et si l'on voulait analyser, réelles ou fictives, toutes les aventures qui, comme ces dernières, rappellent les amours de Ludovic Enius et de Teodosia, cette note prendrait les proportions d'une longue étude.
' 9. Peut-être Calderón s'esl-il souvenu en écrivant cette scène d'une situation semblable, entre saint Pierre et saint Paul, dans El vai^o de elección, drame de Lope qui porta primitivement le titre de Amigos hasta la muerte.
10. Il existe, sous le titre de La guarda cuidadosa (Le gardien vigilant) une comédie de Miguel Sánchez et un intermède de Cervantes.