‹ Drames religieux;Chapitre 73 sur 75 · Gocéisla un s/r/lo, sin huésped De aposento · texte numérisé non relu

Gocéisla un s/r/lo, sin huésped De aposento

On aurait pu traduire : billet de logement. Il s'agit ici de l'obligation où étaient certains propriétaires de Madrid de loger chez eux des fonctionnaires de la Cour. Ce n'était pas le seul droit que le roi eût sur les maisons de sa capitale : « Le premier étage de chacune luy appartient, «et si l'on ne le racheté, il peut le vendre à qui bon luy semble; d'ordinaire les propriétaires mesmes se l'acquièrent, ou bien s'ils n'en ont pas le moyen, ils ne bastissent que l'appartement bas. De là vient qu'à Madrid on voit tant de petites maisons, et qui n'ont point de dey ré pour monter au galetas. » Voyage d'Espagne, curieux, historique et politique, fait en Vannée 1655, Paris, Robert de Ninville, 1666, ch. XX.

16. Cette aventure macabre, si chère aux vieux auteurs espagnols, se retrouve à toutes les époques de leur littérature. Elle prit peut-être son origine dans un ancien romance, qui raconte la conversion de Raymond Lulle. Il avait suivi jusque dans une église certaine passante dont la gracieuse tournure le séduisit. Mais la dame relevant son voile, ne montra à ses yeux qu'un squelette. Cette légende se confond avec celle de Lisardo V étudiant, un galant de nonnes que nous aurions pu citer note 8, et qui, lorsqu'il se présenta pour enlever sa dame, ne trouva dans la chapelle qu'une réunion de fantômes occupés à célébrer ses propres funérailles. On peut lire la plus ancienne relation de cette légende dans le Jardin de flores curiosas de Antonio de Torquemada iDialogue 3*^), traduit en français par Jean Beraud, sous le titre de Hexameron, Lyon, 1579. En 1572, un aveugle, « Cristóbal Bravo, privé de la vue corporelle et naturel de la ville de Cordoue,» la met en complainte et la fait imprimer à Tolède. Lope de Vega lui donne place dans son drame El vaso d' elección; Cristóbal Lozano, dans ses Soledades de la vida y desengafio del mundo. Le P. Juan de Cárdenas, dans sdi Breve relación île la muerte, vida y virtudes del venerable caballero D. Miguel de Manara, Sevilla, (1679) attribue à son héros deux aventures semblables. Espron-

3 s á NOTES

ceda, dans El estudiante de Salamanca^ Zorrilla, dans El capitán Montoya, s'emparent de cet épisode. Mérimée l'introduit en France dans sa nouvelle Les âmes du purgatoire. Un romance racontant la vision de Lisardo, et le plus généralement connu, a été inséré par A. Duran dans son Romancero general^ n°* 1271- 72. L'apparition inattendue d'un squelette a fourni aux auteurs dramatiques une scène, qui se répète dans El esclavo del demonio de Mira de Amescua, El mágico prodigioso de Calderón, Caer para levantar de Moreto, etc., etc.

17. Ici Calderón oublie que son drame se passe en Irlande, et c'est lui qui parle par la bouche de Polonia,

18. Cosí prendemmo via giii per lo scarco Di quelle piètre, che spesso moviensi Sotto i miei piedi per lo nuovo careo.

Dante. Ulnferno, c. xii

19. C'est, dans VEnfer de Dante, le supplice des luxurieux. Chant V.

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