‹ Dresden, Freiberg & MeissenChapitre 11 sur 32 · D R ES · texte numérisé non relu

D R ES

- rehaussées de gemmes, de poires à poudre en bois ou en ivoire sculpte, d'arquebuses à incrustations d'ivoire, aux pièces d'acier ciselé, aux gardes dorées et ajourées, par exemple relie provenant de l'atelier de Chr. Herold, de Dresde, que le futur Jean-Georges 111 offrit père, l'Electeur Jean-Georges II. On \ voit aussi 'les colliers de chiens orne~ de reliefs en fer repoussé ou même en argent, tel celui dont l'Em- ■ur Mathias fit présent en 1617 à Jean-Georges 1 . Parfois dans la cour du château, ou dans le Stallhof 'cour d

ment des Ecuries le souverain 1 iffrail à ses in\ il tcle de cha 1 à

l'ours, au loup, au renard, ou des combats d'animaux : on y donnait aussi des carrousels, des courses de tètes ou de bagues auxquelles les dames prenaient part. Les lances qu'employaient les cavaliers dans ces exercices d'adresse, étaient en bois mince, très effilées du bout, avec un contrepoids énorme derrière la poignée; mais l'aspect massif de ce contrepoids était allégé par des ornements peints ou des sculptures ajourées. Il y en a une série très intéressante à la Galerie des Armures, notamment une collection du XVIe siècle aux armes de l'Electeur Auguste.

Les têtes motivées par un événement heureux, mariage ou naissance d'un prince, comportaient souvent plusieurs journées de courses de bagues! et mascarades. 1 >e l'influence italienne provenait ce goût pour les mas. arades. les défilés de cortèges allégoriques ou mythologiques', auxquels se mêlaient des types populaires : pécheurs, chasseurs, vignerons, ou des personnages exotiques: Turcs, Maures. Indiens de l'Asie ou de l'Amérique ". tout au moins, elle en avait inspiré l'ordonnance. On donnait le nom d'Inventions à ces spectacles composites imaginés par Nosseni, qui se rit par eux une réputation en Allemagne et dans les pays limitrophes. Cette mode, qui dura jusqu'au XVIIIe siècle, développa le luxe dans les vêtements, les carrosses, les harnachements, ainsi qu'on peut en juger par les spécimens conservés au Musée Historique

Le goût d'Auguste II pour le faste a contribué à enrichir ce Musée d'objets à son usage personnel, épées et pistolets, ceux ci faits à Paris isin, très finement incrustés et ciselés, de l'épée et des vêtements qui ont servi lors de son couronnement à Cracovie ; d'une selle en soie aux broderies d'or dessinées en rinceaux du plus pur style français, merveilleux cadeau de Louis XIV; du harnachement de son cheval, enrichi

1 Les albums di a ssinées et enluminées par Johann S M 1 ..Cil. Fritzch,

Anna-Marie- Werner, etc., que ibinet des Est . nous

en ont i souvenir. Quelques-unes ex :mple

de diamants de Saxe, fait pour la réception de Frédéric-Guillaume Ier en 1730, au camp de plaisance tenu à Zeithain. C'est avec l'écarlate de la tente qu'il habitait à Mûhlberg qu'est tendue la salle des selles, toute rutilante des feux des diamants et des perles qui constellent les harnachements de son prédécesseur, Jean-Georges IV.

Pendant la guerre de Trente Ans. le territoire de la Saxe avait été envahi, exploité, pillé, ravagé tantôt par les Impériaux, tantôt par les Sué-

Fontaine de la Paix, dite Tûrkeiibrunneu; sur le Jûdenlxif, devant le Johawieum.

dois. Plus heureuseque .Magdebourg, Halle, Merseburget Leipsick, Dresde elle-même, protégée sur la rive nord par les travaux d'art entrepris en 1626 par l'ingénieur Dulich, fut épargnée, mais, après la conclusion des traités de Westphalie, le pays était ruiné, la population réduite de moitié.

En réjouissance de cette paix si longtemps attendue, on éleva sur le Neumarkt une fontaine avec inscription latine. Après la victoire remportée en 1683 sur les Turcs par Jean Sobieski et à laquelle concourut, avec un corps saxon, l'Electeur Jean-Georges III, la fontaine de la Paix fut transformée de manière à célébrer le triomphe de la Chrétienté '

1. Restauré en 1.S3K. le Titrkenbrunnen décore aujourd'hui le Judenhof.

I. 'allure de la statue allégorique, pleine de modestie et de grâi e souriante, contraste avec les attitudes ronflantes si chères à la statuaire du barockstyl, par exemple ave,- le monument funéraire des Schcenberg,

érigé dans la Sophienkirche 1688

Avec l'augmentation de la population et la résidence des Electeurs à Dresde, le développement de la vie de Cour y retenant les seigneurs saxons, l'architecture civile devint plus recherchée Après le grand in cendie de 1 pu l, les maisons reconstruites furent bâties en pierre < !omme dans la ville du xv siècle, l'espace était limité par l'enceinte fortifiée, elles se développèrent en hauteur.

Néanmoins, pour les raisons déjà exposées, les façades à pignons de la Renaissance sont extrêmement lares a Dresde. 11 en subsiste quelques unes du xvn siècle; en gêné rai. du début de ce siècle, car. dans la suite, celte construction passa de mode. On peut citer comme maisons à pignons, celle placée au coin de la Frohngasse, sur Y Altnnirkt . celle de la Wilsdrùfferstrasse n° 14 de

1 , le pompeux pignon de la

Schlosstrasst n° ,u - d'une architecture influencée par celle des Pays- Bas et dont les motifs sont formés par des colonnes, des guirlandes de fruits, des volutes en retraite.

D'autre part . sous Jean I reor ges 11. des ordonnances réitérées, destinées a préserver la ville du feu, menèrent une lutte obstinée contre les maisons de bois. Ce prince en acheta lui-même pour les faire raser.

1 . I ii esde lut toujours, jusques '-t y compris le wur siècle, uY\ astée par les incendies, P.ml Schumann n'en compte pas moins de 50 il'' 1 foi .1 1739

Erker sur la maison n" 50, Schlo.

siècle .

En revanche, il fut permis de bâtir en saillie sur la rue, ce qui favorisa la mode des erker. Dans la Wilsdrùfferstrasse, qui était alors la rue principale de Dresde, — sa largeur en témoigne, — subsistent deux erker remarquables, à l'hôtel Zumgoldenen Engel et. plus loin, un erker double au n° 17. qui dépend de l'Hôtel de France. On en voit encore, entre autres, un à trois étages, de 1620, au n" 27 de la Schôssergasse, et dans les grande et petite Brudergasse, dans la Webergasse, la Rampischestrasse, la Galeriestrasse. Généralement, ils n'ont qu'une fenêtre saillante, provenant souvent d'une maison plus ancienne, sont faits de bois, rehaussé d'ornements sculptés ou en stuc : mascarons, guirlandes, feuilles d'acanthe. Par exception, celui de la Schlpssstrasse n'J 30, est décoré des figures en relief de l'Electeur Christian II et de son épouse, Hedwige de Danemark

Vase en marbre avec figure de Psyché, par Ant. Corradini,

Le Palais du Grand dans le Grand Tardin-

Jardin est une création

de Jean-Georges II Au xvn" siècle, la ville était entourée de jardins où les habitants allaient goûter les plaisirs champêtres si chers aux cœurs allemands.

L'Electeur voulut aussi posséder une maison des champs. L'architecte en chef Karcher d'autres disent Starke] fut chargé, en 1679, de dessiner un parc dans la banlieue est de Dresde et de construire au milieu une villa à l'italienne. Au début, ce parc formait un carré assez restreint

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