CHAPITRE VIII
Origine de Freiberg. — Ses églises. — L'Obermarkt et le Rathaus. — Vieilles maisons des xve, xvie et XVIIe siècles. — La Cathédrale, extérieur et intérieur — La statuaire religieuse, les deux chaires. — Monument funéraire de l'Électeur Maurice. — La nécropole des Électeurs ,xvi° siècle). — Le Musée. — La Burg et les remparts.
Sur les plans anciens, Freiberg apparaît comme une cité enclose dans une enceinte circulaire de murailles flanquées de tours rondes et carrées et percée de cinq portes. Ces tours, pour la plupart, ont été démolies, mais les courtines de l'enceinte sont encore très visibles. Après la mort de Conrad, l'un de ses fils, Othon, eut pour sa part la Misnie. La découverte dans la région de gisements de plomb argentifère enrichit bientôt le margrave Othon et, par la suite, la ville de Freiberg. attira de la Basse Saxe, une colonie qu'on appela Sachstadt (ville des Saxons La source de cette prospérité excita naturellement la convoitise des Tchèques. Afin de préserver la contrée de leurs incursions, Othon fit construire en 1168 la Burg qu'il nomma Fre.istein et, sept ans après, il munit de remparts et de fossés la jeune cité minière1.
A dater du xmc siècle, comme Dresde elle-même, elle passa de mains en mains: mais en 1317, elle rentra au pouvoir des Wettin Au partage définitif de la Saxe en 1485, Freiberg demeura dans le lot de la lignée Albertine.
La ville s'était rapidement développée, surtout sous le long règne du margrave Henri l'Illustre, qui y résida de 1265 à 1271, Avant 1221. elle avait déjà cinq églises : Notre-Dame. Saint- Jacques, Saint-Pierre.
1. D'où le nom de Freiberg, orthographie au xin siècle, Vriberch, puis Fryberg, 1 nsuite Freyberg, enfin Freiberg.
Saint-Nicolas et Saint-Donat; trois cloîtres de Dominicains, de Franciscains et de iMadelonnettes, et un hôpital.
Les fléaux du moyen âge, la peste, la famine et le feu, ne lui furent pas épargnés. Par les deux premiers incendies, éteux de i > 7 s et de [386, la ville fut presque entièrement détruite II y en eut deux aussi terribles, en 1)7' et 'isi " reste donc a Freiberg peu d'édifices publics et privés antérieurs au XV" siècle Les églises elles-mêmes, qui remontent au XIIIe, ont été plusieurs fois dévastées par le feu et rebâties, la plupart en briques.
La principale, Saint-Pierre, qui dresse au point culminant de la cité un clocher de 71 mètres, a été reconstruite au XVe siècle après un incendie, ("est au XVIIIe qu'elle a pris son aspect actuel. L'église Saint- Jacques date seulement de [891-92 : elle a hérité, de celle qu'elle a remplacée, un autel polychrome, fondé en [612 par l'Electeur Christian 11 et s., femme Hedwige de Danemark, sculpté par Bernhard Dieterich.
L'introduction du culte évangélique a contribué à dépouiller les églises des vestiges artistiques du passe
UErbische Strasse, qui s'ouvre en face de la place de la Poste, limite de la ville nouvelle, qui s'étend au sud jusqu'au chemin de fer, coupe l'ancienne à peu près par le milieu et, continuée par la Burgstrasse, conduit à la Place du Château. Entre les deux, perpendiculairement. la Peterstrasse, a l'ouest, gagne la partie élevée de Freiberg. où est l'église Saint-Pierre. En quelques pas, on atteint VObermarkt. Là s'élève une fontaine, érigée en 1897. surmontée de la statue en bronzé d'< Hhon le Riche, fondateur de la cité, représenté concédant à la corporation tles mineurs la charte de leurs franchises.
fout ici d'ailleurs, rappelle l'industrie d'où la contrée a tiré sa fortune. fait allusion aux mines creusées sous le sol. autour de Freiberg Les mineurs, on les voit représentés sous toutes les formes. Le Musée possède leurs insignes de corporation, leurs hanaps et leurs marteaux d'honneur en argent doré, leurs hausse-cols en orfèvrerie du XVIIe siècle. Beaucoup de maisons du XVIe sont ornées de bas-reliefs relatifs à leurs travaux. Ainsi, sur VObermarkt n" 17 , dans une haute maison à toit de tuiles, s'ouvre un portail plein cintre Renaissance, aux pilastres endommagés, niais aux chapiteaux intacts. Au fronton, le sculpteur a figuré en relief les travaux de la mine Sur le même marche. — autour duquel se groupaient l'Hôtel de ville, le KaufhatlS et les habitations des notables, — - le portail du n 1 où demeurait la famille Schonlebe est
couronné de deux figures de mineurs; au n° 7, à l'angle de la Peterstrasse, une statue en grès du XVIIe siècle représente aussi un mineur. Une autre maison est munie d'un crker avec deux cariatides.
Un o-rand nombre de loo;is ont conservé, du XVe siècle, des voûtes
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Cathédrale de Freibern; la Porte Dorée (xur- siècle).
ogivales, ou des escaliers à vis dans des tourelles, — par exemple dans la Kirchgasse, n° 15 ; — d'autres ont des portails ou des statues du xvT, ou bien des pignons et des erker. Ainsi, en revenant à la Bitrggasse par le nord du marché, on passe devant une maison d'angle, qui, au-dessus d'un erker double en pan coupé, érige un haut pignon de 1616. Il y en a aussi aux n™ 20 et 21.
Sur VObermarkt, au n" 16, se trouvait le Kaufhaus, dont le portail,
timbré des arme- de Freiberg, avec inscription de 1545, est orné aux
angles, de deux statues de guerriers Des guirlandes sculptées forment
drement. Ce bâtiment a servi quelque temps de Musée d'Antiquités.
Bâti de 1410 a 1416, muni de tourelles en [431 et. en 1432, par le
ejmestre Weller de Wollsdorf, d'un beffroi de 37 mètres de haut, le
Rathaus fut transforme en 1 );i Uerker, qui en décore la façade, est de
la fin du xvi siècle. Au premier étage de la tour ouest, s'ouvre une
ancienne chapelle de isi ). dédiée a saint Laurent et dont le portail est
décoré, au linteau, d'une riehe sculpture aux armes de la famille de
Wollsdorf. Une des salles renferme les portraits à l'huile des princes qui
ont ,oue un ride dans l'histoire de la cité; on a appendu aux murs de
l'escalier ceux des ]• lecteurs du XVII' siècle et des Rois, LeUTS successeurs.
I es plus artistiques étaient les portraits en pied par L Cranach. du duc Henri le Pieux et de sa femme, Catherine de 31ecklembourg dont les noce- furent célébrées en 151 2 a l'I tôtel de Y il le : ils sont actuellement au Musée de 1 (resde.
Le règne d'Henri le Lieux fut pour Freiberg une époque de paix, de prospérité, de visites princières, de fêtes et de tournois. Lorsqu'à la mort de son frère Georges [53g . le duc alla résider à Dresde, il n'oublia pas s.i chère Freiberg car il destina la Cathédrale. — qui lui doit ses fonts baptismaux sculptés, - à devenir la sépulture des princes de sa famille. Quelque quinze ans plus tard, son fils Auguste I" devait réaliser ce vœu, à l'égard de L'aîné, Maurice, né comme lui à Freiberg.
Pour voir la Cathédrale, il faut gagner YUntermarkt. Le Dom s'y présente obliquement, parle chevet. En face de la Herderstrasse, s'ouvre la « Porte Dorée » par où l'on entre habituellement dans l'église.
On croit pouvoir affirmer que la Marienkirche remonte à la fin du xir siècle. De la basilique romane primitive, détruite par l'incendie de 1386 il subsiste quelques restes dans l'édifice actuel et l'on a recueilli des débris de ses sculptures dans le cloitre adjacent. Au sud s'ouvrait la lene Pforte Porte Dorée qui est vraisemblablement de la première moitié du xm siècle et constitue le chef-d'œuvre de la sculpture romane en Saxe Elle tire ce nom des traces de peinture et de dorure qu'on y a découvertes.
Le tympan célèbre la gloire delà Vierge, patronne de l'église. A sa gauche, l'archange Gabriel, le lys à la main: près de lui saint Joseph, appuvésur un h à ton. considère avec bienveillance les trois Rois prosternes
Au-dessus. Les retombées des archivoltes portent soit sur des colonnes
cannelées, striées ou losangées, soit sur des figures formant consoles audessus de niches à personnages ayant pour piédestaux de gracieuses colonnettes. Bien que les statues soient traitées avec une réelle précision de costume et d'attributs, on a discuté longuement sur l'identité de ces
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Cathédrale de Freiberg ; les deux chaires (1480 et 1658 '.
divers personnages. Cependant les commentateurs sont à peu près d'accord pour voir dans le jeune homme en maillot, Daniel et, en face de lui, Aaron dans l'homme barbu et mitre. Après Daniel, viendrait la Reine de Saba,avec, pour pendant, Bethsabée(ou 1 Eglise personnifiée;1 ; Salomon et David se feraient vis-à-vis : enfin saint Jean-Baptiste aurait en face de lui le Prophète Naum, à moins que ce ne soit saint Jean l'Évangéliste. De même, les figures qu'écrase la retombée des archivoltes ont exercé
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la sagacité cateurs de la symbolique religieuse Pour les pre-
mières, deux lions rugissants, nulle difficulté. Mais la femme au corps de sirène et celle qui tient en mains deux poissons, ont fait naître mainte controverse dont l'ouvrage < S ' ■ sur Freiberg donne le résumé.
I>i\ archivoltes auréolenl le tympan; six d'ornements géométriques et quatre de rangées de figures convergeant vers le sommet, dont une figure céleste orne la clé de voûte Sur la première archivolte. — en partant du tympan, - se voient quatre statuettes d'anges : au milieu la tendu Seigneur Sa droite bénit la Vierge, sa gauche tend à un ange le Livre sacré. Une série de saints auréolés, tenant des livres ou des phj lactères, forme la seconde rangée. La troisième archivolte groupe huit saints en lesquels les uns reconnaissent les Apôtres, les autres, des Prophètes;
ndant l'un d'eux paraît bien être saint Pierre. Au centre, la colo du Saint-Esprit Au-dessus, au milieu de l'archivolte extérieure, trône l'Ange du jugement dernier. Tournés vers lui. les morts, sortant de leurs tombeaux, mis ou drapés dans leur linceul, se rendent à l'appel suprême Quelques-unes de ces figures e1 celles placées dans l'ébrasement sont d'une perfection remarquable. < m n a pu parvenir à en découvrir l'auteur.
Le chœur, qui paraît a voir souffert de l'incendie de [386, subit ensuite des transformations Sous sa forme actuelle.il ne remonte qu'a la fin du xi\" siècle, mais son adaptation comme lieu de sépulture au XV] . a encore contribué à modifier son aspect.
L'église romane avait un jubé orné d'un calvaire en bois : le Christ en croix, entre sa .Mère et saint Jean Ces figures colossales de 2'". 20 de haut dune sculpture primitive et gauche, ont été transportées au Musée d'Antiquités de Dresde.
Ln [480, la Marienki/'che fut érigée en cathédrale par un bref du pape Sixte IV. De cette époque date la chaire dite « en tulipe ». Elle a été sculptée à jour dans le tuf et ouvragée comme un ivoire. Du sol semble sortir un scille dont la tige se divise en quatre pousses entre lesquelles se meuvent des angelots
Dans la tulipe que forme le tressage des pétales du calice, le sculpteur a place les têtes de quatre Pères de l'Eglise : saint Augustin, saint Grégoire, saint Ambroise et saint Jérôme. Au-dessus de la chaire pend à la voûte, au bout d'une corde, un abat-voix en bois sculpté, avec les attributs des quatre Evangélistés ; au centre, du calice d'un cactus, émerge le gracieux visage de la Vierge avec l'Enfant tenant une grappe de raisin
Cette chaire singulière n'est plus en usage depuis longtemps, sans doute à cause de sa fragilité. En 1638, une seconde chaire plus solide a
été construite au pilier voisin, plus près de l'autel ; les donateurs, le bourgmestre Jonas Schônlebe et sa femme, née Horn, y sont représentés à genoux devant le Crucifix. Les panneaux sculptés le long de l'escalier
Apôtres en bois sculpté du xviu siècle, provenant du Dont de Freiberg.
Musée des Antiquités de la Saxe).
(Extrait de Flechsig : Dit- Alterlumsammlutig in Dresdtn
retracent les épisodes de la Passion, au-dessus desquels l'abat- voix fait planer, en apothéose, la Résurrection.
Dans l'intervalle, aussitôt après l'incendie de 1484. on avait procédé à la reconstruction de la Cathédrale : les travaux furent achevés en 1501. La nef principale fut agrandie, allongée et divisée en six travées, les nefs
Latérales, portées à la même hauteur que la principale. Celle-ci est
soutenue par des piliers élancés, octogones, légèrement i i >m .1 . es, dépourvus île chapiteaux, qui portent une voûte sur croisée d'ogives. Dans les nefs latérales, une galerie en pierre, ornée d'une élevante balustrade. forme dix balcons et rejoint la tribune de l'orgue.
L'ornementation intérieure fut poursuivie dans les premières années du XVIe siècle De cette épo |ue datent les statues en bois peint : 13 apôtres, un Christ bénissant, deux évêques et un saint Christophe, 'i1"' l'on voit au Musée d'Antiquités de Dresde. N'aurait-il pas mieux valu les laisser à leur place primitive ?
Passe pour les cinq Vierges sages et les einq Vierges folles, qui ornaient les piliers ! M. Flechsig ne les croit pas toutes de la même main et elles -s, -ni inférieures comme travail aux Apôtres. Les figures d'hommes, aux traits fortement accusés, aux barbes et aux cheveux touffus, dont les vêtements forment des plis épais et grossiers, sont d'un ciseau réaliste e1 rude, encore presque barbare, qui ne peut être comparé à l'art plus souple, et plus habile, d'un Veit Stoss ou d'un Riemenschneider !
Othon le Riche, fondateur du cloître cistercien d'Altenzelle, y avait marqué sa sépulture et celle de s, -s successeurs. Frédéric le Belliqueux
voulut reposer dans la cathédrale de Meissen Après Henri le Pieux qui, selon son désir, fut enseveli à Freiberg, sous une simple plaque de cuivre, fondue, il est vrai, par Hilliger, de Freiberg, qui s'est inspiré du tableau de Cranach, et de la plus grande beauté, le D0111 est devenu la nécropole des Wettin, jusques et y compris Jean-Georges IV, décédé en [694. La plupart des primes de cette famille n'y ont du reste qu'une simple plaque tombale. Cependant, lorsque .Maurice, premier Electeur de la lignée Albertine, eut été tué en 1553, à la bataille de Sievershausen, son frère et successeur. Auguste 1 :. en vue d'honorer sa mémoire et aussi dans un but politique, lui fit ériger un tombeau fastueux
Pour obtenir un emplacement convenable, il fallut élargir le chœur aux dépens de la sacristie, placée au nord, et de la chapelle de Tous-les- Saints bâtie en 1288, qui est au sud. En [561-62, on recula même la muraille qui le fermait à l'ouest ; on y ouvrit des baies qui furent closes avec des grilles. L'exécution de ce tombeau fut confie aux sculpteurs Melchior Barthel et Christian Walther et au fondeur Hans Wessel, de I .ûbeck.
Le soubassement rectangulaire, en marbre de 1 Huant, est à deux corps en retraite l'un de l'autre, revêtus, de chaque côté, de tables à inscriptions
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latines, séparées par des colonnes jumelées d'ordre toscan et, au-dessus, par des consoles renversées. Au-dessous court une plinthe en marbre blanc sculpté. Devant, sur la troisième marche, sont assises dix statuettes de femmes, en albâtre : les Muses, l'Histoire et les Sciences, qui semblent
Mausolée de l'Electeur Maurice et vue partielle de la Chapelle funéraire du xvr siècle.
pleurer le défunt. Une autre rangée de statuettes est disposée sur lentablement de marbre brun et blanc : ce sont des guerriers en costume romain tenant des écussons aux armes des diverses contrées de la Saxe. La partie la mieux traitée de la décoration sculpturale, ce sont les reliefs placés entre les colonnes toscanes, emblèmes de la Guerre et de la Chasse, des Sciences et des Arts. Parmi ceux-ci figurent les outils et instruments servant à l'exploitation des mines.
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Les dimensions <lu sarcophage ne sont pas en rapport avec l'élévation du socle. Sur le cercueil de marbre noir, relevé «le marbre blanc, porté par <li\ griffons <le bronze, sont assis de petits génies tenant des écussons, un sablier, un casque et d'autres emblèmes. Aux quatre angles,
Chapelle funéraire du xvr siècle. Statue, par Cari
de l'Electeur Christian Ie
des pélicans nourrissant leurs petits, symbolisent l'amour paternel du souverain pour ses sujets Malheureusement, La statue agenouillée de I Elei teur est de proportions mesquines et mal entendues.
Apres la morl de L'Électrice Anna de Danemark, en 1585, son époux songea à lui taire élever un tombeau a Freiberg. L'année suivante, l'Électeur Auguste l" mourait à son tour. Conformément aux desseins paternels, son fils Christian [", prescrivit de revêtir les sépultures de ses
ancêtres de plaques tombales en laiton et de transformer en chapelle funéraire le chœur de l'église catholique.
Par son ordre, Nosseni se rendit à Freiberg en 1588, installa ses ateliers dans une brasserie, fit venir d'Italie le sculpteur-fondeur Carlo da
Chapelle funéraire du xvf3 siècle. Statue, par Carlo da Cesare. de l'Electrice Anna.
Cesare et des praticiens. Tout d'abord, il avait pensé élever à l'Électeur Auguste, dans la chapelle de Tous-les- Saints, un mausolée distinct, aussi luxueux que celui de son frère Maurice. Après la mort de Christian Ict en 1591), il songea à lui ériger un tombeau, également séparé, dans la chapelle funéraire. Les projets de Nosseni furent écartés, comme trop dispendieux. Il fallut se contenter d'aligner, dans des niches, les statues en bronze des Électeurs et de leurs épouses. L'abside ogivale fut masquée
sous un pompeux décor de la Renaissance italienne, en marbre polychrome, . - revêtues d'épitaphes, frises ornées de mascarons, ilement surmonté de médaillons aux armoiries des princes, encadrés de statuettes d'enfants et, par là-dessus, un second ordre, plus sobre, dans Lequel des pilastres ioniens, en grès, qui montent jusqu'à la naissance '1rs arcs, encadrent des niches où l'artiste a placé des statues de prophète- en stuc bronzé. Au fond, L'autel que domine un Christ en croix, entre Les figures de saint Pierre et de saint Jean-Baptiste, assis sur des consoles renversées; derrière, quatre figures symboliques : la Foi, 1 Espérance, la Charité et la Justice, quatrième vertu théologale pour les Rois. Cette dernière est la plus belle comme expression.
Carlo da Cesare avait tout d'abord tondu les statues du due Henri. I Lecteurs Auguste et Christian 1 et des épouses des deux premiers. Henri le Pieux est représenté sans arme-, la main gauche sur son cœur, le bras droit ouvert : les deux femmes, < atherine et Anna, sont dans l'attitude de la prière. Auguste et Christian 1" ont l'épée électorale sur L'épaule droite. En tare de ce dernier, au lieu de sa veuve, c'est Jean- Georges [' qui, au XVII' siècle, a pris la place vide revenant à l'Electrice Sophie de Brandebourg On sait que celle-ci fit taire son tombeau par Nosseni, dans L'église de Dresde à qui elle a Laissé son nom. Quant à Christian II, il n"a point de statue.
Pour représenter le Jugement Dernier. Nosseni eut l'idée assez bizarre de recouvrir la voûte d'un stuquage peint, duquel se détachent les figures gigantesques du Christ ressuscite et de l'archange saint .Uichel. des anges tenant les instruments delà Passion Sur les corniches du second ordre. des figures d'enfants, vêtues d'étoffes trempées dans le plâtre et bron munies d'instruments de musique de toute sorte, semblent saluer le miracle par un concert
l.e bariolage de la voûte, cet emploi du stuc, ce mélange de matières disparates : serpentin, marbres blanc ou polychrome, albâtre, pierre. br< mze, terre cuite pour les petits écuss< ms, nuisent à l'impression de grandeur que produirait l'ordonnance de l'ensemble
La chapelle des sépultures princières est située au sud de la chapelle de Tous-les-Saints. L'entrée du caveau a été décorée au xvnr siècle, par Permoser, de statues allégoriques, en marbre blanc. Dans le tympan triangulaire, quatre figures d'enfants, symboliques également, accompagnent les fastueuses armoiries, surmontées de la couronne royale d'Auguste le Fort Ainsi chaque siècle a contribué à altérer l'architecture de la Marienkirche et à en fausser l'équilibre
De l'autre côté de la rue Ain D0111, la maison du chapitre, située au coin de VUntermarkt, fut affectée au Gymnase, de 1541 à 1875. Au rez-de-chaussée, elle possède une pièce voûtée en étoile et une grande salle dont les arcs s'appuient sur un seul pilier. Elle a été convertie en musée municipal et l'on y a réuni les diverses collections qui étaient éparses en plusieurs locaux, à l'Hôtel de Ville et ailleurs.
Du pied des tours du Dont, la Kirchgasse conduit au Château. On n'y pénètre pas car il est, depuis 1804, transformé en un établissement militaire où l'on ne retrouve presque plus trace de l'édifice dit Freudenstein, érigé en 1568 pour l'Electeur Auguste.
C'est au nord de la Burg qu'a été conservé le plus gros morceau de l'enceinte de la ville. Il est intéressant d'en faire le tour par le Ring, d'aller vers l'est jusqu'à la porte Saint-Donat, la plus importante des tours de Freiberg, aujourd'hui convertie en magasin ; ses créneaux servent de gite à des choucas innombrables. Au sud, les promenades qui ont pour centre la place de la Poste, sont modernes. Mais, le long de la Schillerstrasse se dressent l'ancien magasin au blé, aux murs percés de meurtrières, des restes des tours du mo3'en âge, envahies par le lierre et des courtines devenues des terrasses de jardins.
A l'extrémité sud-ouest, la promenade au pied des remparts s'élargit en un parc public, le Schneckenberg, arrosé par trois pièces d'eau.
A l'entrée de ce parc, s'ouvrait la porte Saint-Pierre, correspondant à la rue du même nom. En face, sur un débris de la tour d'enceinte, une inscription commémore la belle défense opposée par Freiberg au double siège dont les Suédois l'investirent en 1642 et en 1643, pendant la Guerre de Trente ans. Un monument a été érigé deux siècles plus tard en souvenir des héros de cette défense.
Vue cavalière de Meissen, d après un plan gravé du xvr siècle.