‹ Dresden, Freiberg & MeissenChapitre 20 sur 32 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Panorama de Meissen. I es églises, la Furstenschule. — La citadelle. — Le Dont, ses tombeaux, ses œuvres d'art. — UAlbrechtsburg. — La porcelaine de Meissen, découvert el son histoire d'après la i olli ction du Johanneum Vi di i adence Les originaux des g saxi s

Au moyen âge, L'enceinte fortifiée de Meissen longeait le fleuve Pendant des siècles, il y eut, au pied du château, un pont en bois, couvert et défendu par deux tours. Du pont, la basse Elbgasse conduit a l'Heinrichsplatq. Une fontaine surmontée d'une statue, y rappelle le souvenir d'Henri 1er l'Illustre, fondateur de Meissen. Derrière, se trouvait l'église des franciscains, de ijso, brûlée en 1447. rebâtie en 1754, désaJ fectée au XIX1 siècle et convertie en .Musée municipal Sur l'un des côtés, subsiste un reste du cloître gothique, restauré en 1892, qui renferme des peintures murales, des pierres tombales, de vieilles sculptures.

Plus haut, sur la Place du .Marché, on a devant soi l'Hôtel de Ville,

de la fin du XVe siècle, qui a peu de caractère et, à l'autre extrémité sur le côté, la Marienkirche, ou église de la Ville, qui existait déjà au xnr\ mais qui a été rebâtie en 1447. Son clocher, couronné d'une calotte, se dresse sur la terrasse d'un ancien cimetière, surélevé de quelques marches, où l'on accède par un portail de 16 14 en style baroque. Cette petite place retirée s'appelle Luthcrplat;

Rétable et devant d'autel de la Marienkirche de Meissen (xv': siècle1 .

Musée des Antiquités de la Saxt.

'Extrait de Flechsig : Dit Altertumsammlung in Dresden).

En tournant à droite, on arrive à l'église Sainte-Afra, bâtie à la fin du XIIIe siècle, mais transformée plus tard, et dont le clocher n'a qu'un simple toit en bàtière. De l'église Sainte-Afra, on a transporté au Musée des Antiquités de la Saxe, à Dresde, un autel en bois sculpté du style baroque, à fond blanc, avec, au milieu, un Eccc liomo grimaçant. Le sculpteur a mis un fouet entre les mains du Christ. Cet autel n'a pas le mérite du rétable du XVe siècle provenant de la Marienkirche : le Coitronnement de la Vierge.

De l'église Sainte-Afra dépendait une école que les ducs favorisèrent au xvic siècle. Connue sous le nom de Fùrstenschule, elle est devenue

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un centre intellectuel important. Klle se fait gloire d'avoir instruit le sculpteur J. I. Kandler. orgueil de la manufacture de Meissen Le peintre belge Pauwels \ a peint des fresques, au xix siècle.

En continuant par la rue qui monte au château, ou en errant çà et là d'autres rues, on distingue de nombreuses traces de l'art des x\ el XVI' siècles. Les portails écussonnés, en pierre sculptée, témoignent du faste et du goût des personnages qui résidaient dans la capitale de la Misnie. Au u° ^ du Lutherplatf, se voit un haut-relief de 157 1. dans lequel Samson est figuré ouvrant de force la gueule d'un lion et qui fait penser ,i la splendide gravure surboisd'A. Durer sur le même sujet A l'entrée de la métairie tranche de Jahna, s'ouvrent deux magnifiques portails armoriés de 1010. Ailleurs, il faut remarquer les délicats ornements Renaissance qui servent d'encadrement a L'écusson ou au sujet sculpté.

I est du pont à ein<[ arches, couvert par deux portes fortifiées, qui mène à la citadelle ou du restaurant Bîirgkeller, installé sur l'esplanade même, que la vue est le plus étendue sur les vallons verdoyants d'alentour, sur les jardins et les vignes dont se pare la ville elle-même- A la seconde porte, deux panneaux en mosaïque représentant saint Georges et saint Jean l'Evangéliste, attirent le regard. En deçà delà porte, à gauche. un chemin d'accès au mur d'enceinte du moyen âge, puis l'ancien grenier a blé. Le palais épiscopal, situe sur la droite, est devenu le tribunal du district. J.a cour intérieure est bornée au sud par des dépendances de l'église. Au fond, le cloître et la Cathédrale A sa gauche. VAlbrechtSburg. qui forme retour sur le côté nord-ouest et que prolongent d'autres bâtiments appartenant au château.

Après la fondation de l'évêché en 968, s'écoulent trois siècles d'obscurité. Tout ce que l'on sait par des documents authentiques, c'est qu'un chanoine nommé Conrad de Boruz. fonda au 1269, une chapelle Saint- André qui est le plus ancien édifice de Meissen1. Dans le même temps, l'évêque Withego entreprit la construction de la Cathédrale, en forme de croix latine 11 vit sortir de terre, l'abside, le chœur : sa mort interrompit les travaux. La nef. portée par 14 piliers cannelés, d'une allure élancée, élégante, avec clés de voûte sculptées, et séparée du chœur par un jubé, fut bâtie de 1312 à 1342, sous Withego II qui jeta Les fondations des deux tours de la façade. Achevées au début du XVe siècle. celles-ci furent renversées en 1415 par un cyclone; reconstruites vers [463,

1. Après la transformation du cloître, elle a été rebâtie sous la tour du Nord. S.ml'autre tour se trouve la 1 -, m, I une des plus anciennes du Dom.

M El S S E X

sous le pontificat de 1 evêque Gaspard de Schi'mberg, un orage y mit le feu. Elles s'écroulèrent en 1547, entraînant la ruine de la tribune de l'orgue et la destruction de la toiture.

Photo Ta

Intérieur de la Cathédrale de Meissen (xv" siècle).

L'introduction de la Réforme entrava la reconstruction des tours. On les couvrit provisoirement d'un toit de tuiles; jusqu'en IQ02, elles restèrent rasées jusqu'à la hauteur de la nef. Une intelligente restauration, confiée à l'architecte Schàfer, de Carlsruhe, les a réédifiées dans l'esprit du plan primitif. Des deux flèches qui devaient flanquer le chœur, une seule, celle du sud, avait été achevée.

La construction de l'église, du cloître situé à l'est et des chapelles annexes, s échelonne donc du xnr au xv siècle. Mais, par suite des accidents sur\ enusà l'édificedans l'intervalle, c'est le styledu xv qui .1 imprimé

Chapelle funéraire et tombeau de Frédéric le Belliqueux xv- siècle).

sa marqueà l'ensemble. De plus. l'érection (en 1471'. deYAlbréchtsburg contiguëà la Cathédrale a entraîné certains remaniements. Ainsi la chapelle de Tous-les-Saints, située du côté gauche de l'église et qui servait aux réunions du chapitre, fut transportée du côté opposé. La forme irrégulière actuelle de la sacristie, salle charmante d'élégance, à la voûte en réseau portée par un seul pilier, à la porte trilobée d'une originalité ravissante.

ME ISS EN

a été déterminée par l'emplacement du château. Le corridor qui fait le tour du chevet et d'où l'on a une si jolie vue sur l'Elbe, est un raccordement du cloître à la Bui'g; dans le dessin des fenêtres, l'ogive est remplacée par une segmentation d'arcs contrariés d'une courbure gracieuse, analogue à l'ornementation persane, et qui est la caractéristique des fenêtres du château.

La construction de la chapelle funéraire par ordre de Frédéric le Belliqueux, au XVe siècle, a eu pour résultat d'enclore le portail entre les deux tours, d'en masquer le tympan à deux registres et à trois sujets : la Nativité, Y Adoration des Rois, le Couronnement de la Vierge, les statues des patrons de l'église : saint Jean l'Evangéliste et saint Donat, et les 15 statuettes d'apôtres et de saints groupées autour du Christ bénissant, en pyramide sur le pignon. On n'entre donc pas dans le Dom par la façade, mais par un portail latéral, au sud, qu'orne la statue de la Vierge.

Le maître-autel est dédié à saint Briccius. A côté, deux pierres tombales recouvraient les restes du margrave Wilhelm et de sa femme. Aux murs du chœur, sur des consoles, les statues colossales des patrons de l'église, de l'Empereur Othon et de sa femme Elisabeth. Ce qu'il y a de plus intéressant dans l'église même, sans parler de la sacristie et des chapelles annexesqui méritent toutes une visite, c'est l'élégant tabernacle du x\' siècle qui érige

au-dessusd'une cavité pratiquéedans l'épaisseur de la muraille les entrelacs en spirale de ses rinceaux délicats et la grâce de ses pinacles fleuronnés.

Partout d'ailleurs, que ce soit dans le chœur, dans le cloître, dans la chapelle octogone Saint-Jean et Saint-Paul, ou dans celle de Tous les- Saints, les sculptures, surtout celles des chapiteaux de colonnes, d'une

Photo Stœ.ltneiv

Dom de Meissen. — Tabernacle du xv1' siècle.

1 irnementatii m extrêmement variée, empruntée aux feuillages du lierre, du chêne, du frêne et du châtaignier, attestent qu'il y avait alors à .Meissen une

colonie d'habiles sculpteurs.

Commencée en 1 1.25, la chapelle édifiée devant le portail ■ entrai par ordre du margrave Frédéric le Belliqueux 1.581- 1428':. paraît n'avoir été ache- \ ée que \ ingt ans plus tard.

c'est-à dire dix-sept ans après la mort du fondateur L'incendie de 1 5 17 et l'introduction de

la Réforme ei t détruit la

décoration intérieure. Elle renferme les plaques tombales des margraves Frédéric le Débonnaire. Ernest et Albert le Brave et de plusieurs autres princes et princesses de leur famille.

Au milieu, le sarcophage sur lequel une effigie en bronze représente en relief le fondateur couché, avec deux lions à ses pieds, vêtu d'une longue simarre, en main Le glaive électoral, récompense des services qu'il avait rendus à L'empereur Sigismond dans la guerre contre les 1 [ussites 1423 .

Pour sa sépulture et celle de sa femme Barbe, morte quelques années avant lui. le duc Georges fit bâtir en 1534, au sud du D0111. une chapelle qui porte son nom. et dans laquelle l'influence de la Renaissance italienne s'est combinée avec l'architecture ogivale. Le relief en bronze, qui représente le duc Georges le Barbu, armé de pied en cap, couché dans une sorte de niche à coquille, avec un riche encadrement à sujets guerriers, du style Renaissance, est fort beau. Comme tableaux, le Doni de Meissen possède trois triptyques dont

Plaque tombale en bronze (xvi° siècle) du duc Georges le Barbu.

l'un a été autrefois attribué à Albert Durer On admet aujourd'hui qu'ils sont tous les trois de Lucas Cranach. Les plus intéressants sont celui du maître-autel : V Adoration des Rois, encadrée de quatre figures d'apôtres sur les volets, et la Descente de Croix peinte sur bois pour la chapelle Saint-Georges. Le donateur y est représenté à genoux sur l'un des volets, et sa femme Barbe sur l'autre, accompagnés chacun de deux apôtres. L'artiste a montré Jésus descendu de la croix vivant encore, soutenu

ue de l'Elbe.

dans la prostration de son agonie par sa Mère et par saint Jean. Les ligures, très expressives, rappellent celles de YEcce homo, du Musée de Dresde. Au-dessus, un vol d'anges tenant les instruments de la Passion. Le custode est logé dans une dépendance de l'ancien palais des évèques ; la salle des séances du chapitre est devenue celle du Consistoire protestant. Du même côté de la cour, on remarque l'original portail de la prévôté du chapitre, avec son fronton sculpté à mitres d'évèques et à écusson soutenu par deux figures d'anges.

V Albrechtsburg doit son nom au duc Albert le Brave à qui une statue, modelée par Ilultzche, de Dresde, a été élevée dans la cour. Commencée en réalité sous son prédécesseur Ernest, en 1471, la Burg a eu pour architecte maître Arnold de Westphalie. Au sommet des murailles

abruptes de la forteresse, le château dresse, du côté de l'Elbe, ses bâtiments irrégulièrement alignéset sa tourelle hexagone, ses combles aigus et ses hautes fenêtres à pignons fleuronnés. Le dessin des étages, que ce v.ut sur la façade intérieure ou sur l'autre, est d'une parfaite symétrie et rien n'est plus élégant que la forme îles fenêtres et des meneaux qui les

divisent, si ce n'est la tour hexagone éclairant de ses baies < >gi vales sur i[ua. re étages l'escalier à vis surmonté d'une flèche. Les dé tails de sculpture des balustrades, le profil des gargouilles en saillie sur les arêtes des murs de refend, sont dignes d'attention.

Dégradé par un long abandon et pour avoir servi à différents usages, le château des margraves a été restauré en 1870. A l'intérieur, on peut admirer la variété d'invention de l'architecte dans le dessin des voûtes sur croisées d'ogi- \ es ( >n y parcourt, au premier étage, la salle de l'église, la chapelle Saint-Jean, deux salles de banquet, la grande et la petite salle des Electeurs; au second, les deux salles de justice dont l'une, celle des Appels, est des plus remarquables par la segmentation des voussures, la salle des armoiries qui ne l'est pas moins, une charmante petite pièce aux nervures délicates dans la tour extérieure.

L'intérieur de ces appartements, notamment dans les salles d'apparat, décorées d'oriflammes, a été revêtu par les peintres officiels de fresques relatives à l'histoire de la Misnie et de la Saxe. Celles de deux

Photo Stœdtner.

L' Ubrechtsburg, entrée sur la cour et tour d'escalier (xve siècle).

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