DES ORIGINES AL' XV» SIECLE
conversion des Vendes. Ce fut la première Frauenkirche (Notre-Dame : elle était placée hors des murs, à l'est de la cité.
Dans l'enceinte même, la plus ancienne église du moyen âge est la Kreuzkirche. Au début du XIIIe siècle c'était un très modeste sanctuaire.
Intérieur de la Sophienhirche. — Au fond l'autel érigé par J. M. Nosseni.
d'abord dédié à saint Nicolas, patron des pécheurs. En 1324, Constance, fille du duc Léopold d'Autriche, épouse du margrave Henri l'Illustre, apporta en don à Saint-Nicolas un fragment de la vraie croix. Pour honorer la relique, on ajouta à l'église une chapelle qui fut appelée Kreiizkapelle. Au XIVe siècle, le nom de Kreuzkirche désignant l'église tout entière, se substitua au nom primitif; il lui est resté jusqu'à nos jours. L'église Sainte-Croix devint un lieu de pèlerinage ; une partie des offrandes
versées par les fidèles, était, en vertu d'un bref du pape Jean XXII, — daté d'Avignon en 13 19, — affectée à l'achèvement du pont de Dresde, i-dire au remplacement du tablier en bois par une voûte en pierre, le standgeld imposé aux marchands ne suffisant pas à couvrir la dépense de la construction
La première Kreuzkircht , d'aspect peu monumental, futpresque entièrement détruite parun incendie le 15 juin 1491. Reconstruite sous la forme d'une église gothique à trois nefs, portées par six piliers, elle subit à la fin du xvi' siècle, une transformation complète De 1579 à 1584, on lui donna pour façade une masse cubique a sept étages surmontée de trois clochers en coupole, dont deux petits Plus vaste et plus haut, celui du milieu était surmonté d'une haute lanterne : le portail a plein cintre, a quatre pilastres toscans, d'un fronton orne de statues représentant la tentation de Nbtre-Seigneur
Cet immense édifice dont un tableau de Canaletto nous a conservé la fidèle image, s'effondra à la suite du bombardement de Dresde par les Prussiens en 1760. là la Kre 11 \kirche dut être reconstruite au xvm siècle, de fond en comble
D'autre part, l'église qu'a remplacée la Franenkirchi actuelle, était devenue trop exiguë pour la population. Comme elle menaçait ruine. le Conseilla fit jeter luis en 1727. La Frauenkirche primitive est mentionnée au XIV siècle. Grâce aux descriptions de l'époque, on a pu déterminer qu'elle avait la forme d'une église romane à trois nefs, de trois travées seulement Le chœur, d'un plan très irrégulier. fut transformé de i-| 17 a I } 1 j 7 dans le style Ogival.
Alten-Dresden possédait aussi une église très modeste, dédiée aux Trois Rois. Située au nord de la place du marche, e'est-à-dire à l'entrée de la Hauptstrasse actuelle, elle datait du début du XV siècle Consumée parle formidable incendie .pu . en [685, dévora presque entièrement Alten- Dresden, elle fut rebâtie trois ans plus tard sur le même emplacemen J.-C. Knottel < )n verra au chapitre V, pour quelle raison elle fut c. ment rasée et réédifiée un peu plus loin
Ainsi, les églises de 1 (resde les plus anciennes datent du XVIIIe siècle, à l'exception de celle que les Franciscains élevèrent à l'usage du cloître fondé par eux au xm
Ce cloître s é endait depuis la Burg jusqu'aux murs de la cité et de la grande Brudergasse dont le nom rappelle la présence des moines qu'au Taschenberg où ceux-ci avaient leur jardin Tournéevers l'enceinte de la ville, comprise dans celle des bâtiments du cloître, qui s'ouvraient
DES ORIGINES AU XVe SIÈCLE
en face de la petite BrJldergasse, l'église date du XIIIe et surtout du xi\" siècle. Dépourvue de clocher, elle n'avait pas d'aspect architectural. Quoiqu'elle ait subi beaucoup de transformations dont la dernière s'achève actuellement, c'est, de toutes les églises de Dresde, la seule qui. intérieurement au moins, ait conservé son plan du moyen âge et le style originaire de sa construction. Elle est formée de deux nefs jumelles dont la double abside, aujourd'hui dégagée, est tournée vers l'est: ces deux nefs sont divisées par cinq piliers. Les trois travées les plus rapprochées du chevet sont la plus ancienne partie de l'édifice. La voûte à nervures appartient à la seconde moitié du xvu siècle.
Saint-Sépulcre en pierre provenant de l'Eglise Saint-Barthélémy.
Attenant au chœur sud. le baptistère était placé dans une chapelle particulière de forme irrégulière, fondée à la fin du XIVe siècle par Laurent Bussmann, qui fut quatre fois bourgmestre. Cette chapelle, dite Bussmann-Kapelle, renfermait un Saint-Sépulcre en pierre, qui, après avoir été transporté à l'église Saint-Barthélémy — démolie en 1839, — a trouvé un asile au Musée des Antiquités de la Saxe.
Au-dessous de la table d'autel, le Christ, mort, couvert à demi d'un linceul, est pleuré par les Trois Maries tenant en leurs mains des flacons de baume. A sa tète et à ses pieds, de petits anges, peu visibles, balancent des encensoirs. Sur le catalogue du Musée, ce groupe est donné comme de l'an 1400 environ. L'n archéologue allemand, M. Ed. Flechsig, le croit beaucoup plus récent (seconde moitié du xvc siècle . La statuaire encore gauche et fruste et l'armement des guerriers armés, assis aux quatre angles, légitimeraient, à mon avis, l'attribution au XIVe.
L'introduction de La Réformée Dresde, en 1539, déposséda Les Franciscains de leur église. Le dur Henri le Pieux en lit don à la ville Longtemps désafl e servit d'abord d'arsenal, puis, en 1589, d'écurie et de magasin à grains. Rouverte en 1602 comme temple réformé, grâce à l'Electrice Sophie, veuve de Christian I' . elle porte depuis lors Le nom phienkirche. Quatre ans plus tard, cette princesse y lit ériger un autel en marbres de couleur, par un artiste italien qui a joué un rôle important dan- l'histoire artistique de la Saxe, Jean-Maria Nbsseni.
Derrière l'autel, sur la prédelle, un reliefd'albâtre représente V Institution de la Cène, seule sculpture qu'en rais, m de ses analogies avec le faire de Sansovino, on attribue avec fondement à Nosseni.
Dans la même église, on attribue aussi à Nosseni le relief en albâtre de 1 Ensevelissement du Christ qui ornait la chapelle nord-est. l)e nombreux personnages s'empressent autour du corps. Dans le fond, on aperçoit le- larri >ns en croix.
Le souvenir de l'artiste italien revit aussi dans le monument funéraire à trois faces, que lui ont élevé ses élèves; Sébastien Walther et Hegewald. Sur le devant, entre deux colonnes corinthiennes supportées par de- consoles, un Ecce homo d'une expression douloureuse En retour d'équerre, sur les tares latérales, à gauche, Nosseni, un manteau drapé sur l'épaule, agenouillé, tourné vers Jésus ; à droite, se- trois femmes, à genoux également, en albâtre
Du re-te. les monuments funéraires du XVII' siècle étaient nombreux dans la S o phienkirche et les derniers travaux en ont fait découvrir encore. Le Si odt m usru m les a recueillis, ainsi .pie les épitaphes armoriées en bois peint et sculpté, appendues aux murailles
l.a Sophienkirche possédait en outre un groupe en albâtre, de 1620, qui a été également transporté au .Musée municipal Les explicateurs voient dans ce morceau de sculpture dont l'auteur est ignoré, la Lutte de la Mort et du Péché ; au second plan, le buste de femme nu symboliserait le
I 'e.' lie.
Au xviii' siècle. J -C LCnoffel flanqua Le chevet de la Sophienkirche d'une tour qui fut démolie lors de la reconstruction de 1864, dirigée par L'architecte Arnold. L'extérieur fruste de cette ''-lise du XIII siècle a revêtu depuis lors L'aspect d'un pastiche gothique avec façade ornée de deux clo- - a flèches ajourées.
Gràceà l'extinction des mus lignes collatérales, Dietrich avait reconstitué .; ]ieu près les domaines de Conrad le Grand Par ses alliances, il