‹ Dresden, Freiberg & MeissenChapitre 5 sur 32 · DES ORIGINES AU XV SIECLE · texte numérisé non relu

DES ORIGINES AU XV SIECLE

sut accroître ses possessions ; il y réunit la Thuringe d'où sa femme était originaire. L'union de la Thuringe aux marches sorbes favorisa les progrès de la colonisation allemande commencée au xi° siècle et la culture du pays. Les Allemands essaimaient en de nouveaux villages, construits en face des villages vendes; ils apportaient leurs mœurs, leurs institutions. A Dresde, ils prévalurent bientôt sur le fond de la population slave, qui. tenue en mépris comme une race vaincue, inférieure, fut, à l'exemple des Juifs, reléguée clans un quartier contigu à l'enceinte primitive. Le nom de Windischegasse aujourd'hui Galeriestrasse) , ruequi débouche sur le Jûdenhof, a longtemps désigné ce quartier.

Le croisement des deux voies de pénétration : nord-sud, est-ouest, détermina l'emplacement du marché (l'Altmarckt actuel).

La nécessité d'abriter les comptoirs, de remiser les marchandises, y fit ériger un Ratifiions La Lutte de la Mort et du Péché (Musée municipal), entrepôt i. Le local

servait en même temps aux réunions des magistrats de la cité. Henri l'Illustre avait déjà accordé des privilèges aux bourgeois, son successeur Albert II, en 1301. octroya à la ville une administration municipale. Le nom de Rat Juins hôtel de ville) se substitua donc peu à peu à celui de Kaufliaits. Le bâtiment qu'il désignait, situé à peu près à l'extrémité nord de VAltmarkt, sur l'alignement de la Kœnig-Johannstrasse actuelle, a été rasé en 1741 ; d'après les anciennes estampes, il n'était nullement comparable aux Rat lia us gothiques si remarquables de tant d'autres cités d'Allemagne.

Le règne de Henri l'Illustre 1 2 2 2- 12 88) fut un des plus florissants que la .Uisnie ait connus. Depuis 1 274, ce prince avait fixé, pour ainsi dire sa résidence à Dresde. A sa mort, des compétitions s'élevèrent entre ses héritiers.

Dans son excellente Histoire de Dresde au moyen âge, 31. Otto Richter ,1 raconté en détail comment, par suite des cessions ou échanges auxquels

donnèrent lieu ces revendications contradictoires, la possession de Dresde passa des margraves de Misnie au roi Allemand ou au roi de Bohême, son vassal, enfin au margravede Brandebourg qui profita de ces querelles pour s'emparer de la ville. 11 l'engagea bientôt à l'évèque de Meissen,

moyennant une redevance, mai-, en 1319, l'évèque Withego renonça a sesdroits en faveurde Frédéricle Joyeux, un Wettin. De la sorte, Dresde rentra parmi les possessions de-- margraves de Misnie, sans devenir leur

résidence permanente avant le xvr siècle.

La politique d'agrandissement des Wettin.

fut entraxée plusieurs fois par des guerres entre collatéraux ou par des partages entre cohéritiers 1 $82, 1435 , 144s . Le dernier eut lieu en 1485. entre Ernest et Albert, les deux fils de Frédéric le Débonnaire, mort en 1414.

C'est de là que date la division de la Saxe entre les deux branches Albertine et Ernestine.

A cette dernière échut la Saxe électorale, formée des possessions occidentales et d'une partie de la Thurinye. L'autre partie : Leipsick et Meissen. tut le lot d'Albert, le constructeur de YAlbrechtsburg qui sera décrite dans le chapitre sur .Ueissen.

< es r, lis,, us politiques expliquent le rang très secondaire qui fut celui de Dresde pendant le moyen âge. vis-à-vis de Freiberg. la plus importante et la plus riche des cites îles "Wettin, et de Meissen, résidence des margraves Dresde, cependant, fut habitée pendant vingt ans par Wilhelm I jusqu'en 1 107. puis par les deux frères Ernest et Albert, qui, de 1464 à 1485, ont régné conjointement. Leur présence eut une influence importante sur l'agrandissement de la Burg. Au bâtiment principal, donjon quadrangulaire, flanqué de tours, d'aspect rude et grossier, sans mérite architectural, deux ailes furent ajoutées, l'une le long de

:t je la Burg au xv siècle.

d'après le modèle en bois du Grimes Gewôlbe.

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VElbgasse (la Schlosstrasse actuelle , puis, de 147 1 à 1476, l'aile de l'ouest, qui partait de la grosse tour, dite Haussmannsturm et contenait une petite chapelle carrée, très simple. En 1477-1478, l'agrandissement fut continué par l'aile sud-est. Dans la quatrième face du château, la plus récente, était compris le bâtiment de la conciergerie, surmonté d'une tourelle appelée la Lanterne. On attribue ces constructions au remarquable architecte de YAlbreclitsbarg, maître Arnold de Westphalie. Les transformations opérées dans l'architecture du château, notam-

Rétable de l'Adoration des Rois (Musée des Antiquités de la Saxe). Début du xvie siècle. (Extrait de Flechsig : Die altertuinsammlung in Dresien.)

ment au xvi° siècle et en 1899, ne permettent plus de se rendre compte de l'aspect de la Burg des margraves au XVe siècle, autrement que par un modèle en bois conservé au Grftucs Gew'ôlbe1.

Par son jardin, la Burg, du côté de l'ouest, s'étendait jusqu'au mur d'enceinte, où s'ouvrait la porte de Wilsdrùff, bâtie en 14 16. Du côté du nord, une petite place la séparait de YElbtor, qui formait un important ouvrage défensif â l'entrée du pont; l'une des deux autres portes, le Frauen- /<'/', â l'est, date aussi de 1416; au sud-est, le Kreuztor, s'ouvrait à

1. Littéralement : Voûte verte. L'appellation remonte à i6i<>. On en a donné plusieurs explications; la plus vraisemblable est tirée de la couleur originaire de> murailles, qui est encore celle du Pretiosensaal.

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l'extrémité de la Kreu^gasse. Afin de mieux couvrir le front nord- . on établit de i )-': à i 1.58, un Zwinger, c'est-à-dire qu'on fortifia un terrain formant saillie entre la Burg et le fleuve L'invasion des I tussites qui, en 1 \2<\. brûlèrent les faubourgs de 1 (resde, avait démontré la nécessité de renforcer les défenses de la ville Des tours turent érigées sur les courtines : l'eau des fi tssés était empruntée aux petits cours d'eau comme la Kaïnitz, qui arrose la Bùrgerwiese.

Dans cette enceinte vivait une popul ition de cinq mille âmes à peine, e mure très pauvre, logée dans des maisons de bois et de torchis, couvertes en paille Au cours du XVe siècle, le Conseil et le souverain s'efforcèrent d'imposer l'emploi de matériaux plus résistants, moins inflammables, la

onnerie, la brique, de substituer la couverture en tuiles aux toitures en bardeaux, surtout après que l'immense incendie de 1491 eut dévoré la moitié de la ville.

On s'explique dès lors qu'à part Verker ' hexagonal gothique à l'entrée de la Schlosstrasse, d'ailleurs plusieurs fois restauré, il n'ait subsisté, comme témoignage de l'art de cette époque, que la statut- de sainte Anne portant dans ses bras la Vierge et l'Enfant Jésus, provenant de l'ancienne Frauenkirche, des statues de saints, recueillies par les musées, entre autres la Vierge en bois sculpté de la Marienapotheke de 1460. el quelques rétables exposes au Musée des Antiquités de la Saxe, installé au Palais du Grand Jardin Encore les dates inscrites sur les étiquettes sont-elles révoquées en doute par les archéologues.

Pi iur se rendre compte de l'état des arts plastic pies en Saxe au XV' siècle ou, si l'on admet la théorie de M. Flechsig, aux premières années du XVIe siècle, il faut cependant visiter ce musée. Au point de vue de la peinture, les deux volets d'un triptyque de Somsdorf près Dresde, dont l'un représente sainte Anne tenant dans ses bras la Vierge et l'Enfant Jésus et sainte Edwige, sont encore d'une science bien primitive. Il en est de même de la plupart des retables. île l'autel de Schandau 151 1 où l'on voit le Christ et les Apôtres debout sur la prédelle, entre sainte Catherine d'Alexandrie à droite, et saint Georges à gauche. Une naïveté plus grande se remarque dans le rétable de l'Adoration des Rois [509 que l'on croit provenir de l'église des Trois Rois dans Alt- Dresderi et qui, après l'incendie de 1685, *ut transféré a l'église Saint- Barthélemv.

i. On appelle erker en Vllema ment, ronde, i ectangulaire

gonale.

L.i D.inse des Morts. — Première partie du cortège (Cimetière de la Neustadt).

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