PONEYS
Nous voulons consacrer les dernières pages de ce chapitre aux poneys de nos colonies algériennes.
Ces petits animaux sont de pures merveilles, et c'est un crime de lèse-hippisme de ne pas les mettre plus en relief.
Les Anglais, plus pratiques, plus fouilleurs, regardant moins surtout à passer les mers, n'ignorent pas un bon coin d'où l'on puisse tirer profit. Aussi connaissent-ils bien ces poneys, et j'ai souvent eu l'occasion de rencontrer leurs courtiers maltais qui en achetaient pour le polo.
Je les ai vus assez souvent à l'ouvrage pour pouvoir affirmer que nulle part ailleurs il n'en existe de comparables. Je crois pourtant les poneys tunisiens très supérieurs à leurs voisins d'Algérie.
Au premier concours hippique donné à Tunis en 1909, je fus émerveillé de leur voir franchir, à poids égal, les mêmes obstacles
PONKYS TUNISIKNS
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PONKYS TUNISIENS
que les grands chevaux, bien que le maxinuini de la taille tolérée pour leur qualification fût de i'"45.
Je les ai montés pendant bien des hivers à la chasse à la sauvagine à travers le rude terrain des marais, à travers la brousse impraticable ou les oueds torrentueux aux bords glissants et terriblement escarpés. Jamais il ne me fut dorme d'avoir entre les jambes sur terrain difficile quelque chose cjui en approchât, et, je n'hésite pas à déclarer ici que, pour porter très lourd et faire de la route avec rien dans le ventre, ils sont très supérieurs aux pone}'s d'Angleterre et d'Irlande.
Ceux que j'ai vu sauter à Dublin ou à Londres, sautaient fort bien sans doute, mais n'avaient sur le dos que des petits boys, poids plumes, et ne pesant pas 50 kilos.
J'ai ramené du concours de Tunis un poney bai, Siroco, taille i'"45; après lui avoir vu passer dans l'après-midi, tant dans l'épreuve des poneys que dans celle des grands chevaux (où les prix n'étaient décernés qu'après barrages), plus de soixante obstacles, et le même scir. toujours monté par son propriétaire pesant '/2 kilos, sauter sans y toucher la barre à i™50.
Siroco, ex-Gin, ne fut classé pourtant que second prix dans la classe des poneys sauteurs Tunisiens.
J'importai ce petit phénomène; il fit 2 ou 3 concours seulement en France et se classa 4^ prix de l'Omnium à Boulogne, sur 47 concurrents.
Cette performance ne parut pas intéresser autrement le jury de la Société Hippique Française qui avait là une occasion unicfue de lui décerner un i""' prix hors concours qui n'eût pas été volé.
Cette année, à Paris, Siroco a été admirable dans tous ses parcours. Combien nous regrettons que l'on ne veuille rien faire en P'rance pour mettre en relief ou encourager les poneys.
En Afrique, leur cause est en de bonnes mains, celles du baron Fleury, l'organisateur des courses de l'Hippodronie d'Aïn-Ksar et le créateur du premier concours hippique de Tunis qui obtint un si grand succès en 1909.
Le baron Fleury sera bien secondé dans son œuvre par les colons. \ rais cowboys, passant leur vie en selle à travers le bled ou la brousse ; pleins d'allant, passant partout, ignorant la peur à pied comme à che\al : à leur premier concours ils étaient déjà passés maîtres.
De cette énumération hâtive, il résulte qu'avec de ])areilles res-
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sources en hommes et en chevaux, ([u'avec les éléments merveilleux dont nous disposons, il faudrait un rien de bonne volonté, d'entente, d'organisation, pour faire de notre race chevaline française l'égale de celle des Anglais.
La France devrait se suffire à elle-même et n'avoir point besoin d'importation étrangère.
Puissions-nous avoir réveillé l'atonie de nos éleveurs et la torpeur de nos sportsmen qui somnolent encore sur l'oreiller de la routine et des préjugés.