CHAPITRE V
M. Lavalard nous apprend que les efforts de démarrage au collier ont été de 300 à 400 kilos. Avec les mêmes chevaux, à la bricole, ces chiffres montent à 450, 500 kilos. De plus, la pression s'opère plutôt sur l'épaule du membre posé à terre que sur celle du membre qui se lève. Toutes ces raisons doivent faire toujours préférer le collier à la bricole pour un travail sérieux. La bricole n'a qu'un avantage : c'est d'être vite mise, ajustée et enlevée.
Les faux colliers servent à diminuer l'ouverture d'un trop grand collier.
Les faux colliers se font soit en chevreuil, poil contre poil, soit en feutre, soit encore en vache légère et noire.
Ce dernier est le meilleur. Le chevreuil est en effet facilement détérioré par l'humidité et mangé par les vers ; le feutre s'encrasse vite sous l'action de la sueur; déplus, il est peu élégant.
Pour qu'un faux collier tienne bien en place, il doit s'attacher à la tête et au bas du collier et à chaque mamelle par une petite courroie vernie, à bouderie noire pour
qu'elle soit moins visible, ou tout au moins du métal des garnitures du harnais.
Mais ne comptez pas sur un faux collier pour guérir une blessure faite par le collier. Bien au contraire, le mal s'aggraverait peut-être.
Au moyens de coussins mobiles, vous pourrez isoler de tout contact la partie blessée.
Seul le « baudrier » fixe peut guérir un cheval continuant à travailler. C'est une pièce de cuir taillée en croissant, embrassant la base de l'encolure et une partie des épaules. Elle est fixée supérieurement au crochet de la sellettes par deux courroies partant chacune des points de cette espèce de croissant qui, à son milieu inférieur, est relié à la sous-ventrière par une martingale serrée. De sorte que le collier ne joue pas sur la peau, protégée par ce cuir que l'on peut graisser avec de la vaseline boriquée et qui reste fixe, collé en quelque sorte aux épaules.
Les traits y dit M. Lavalard, administrateur de la Compagnie des omnibus, doivent être résistants et inextensibles. Voici l'avis du professeur Marey :
« Un intermédiaire élastique aide au tirage dans des proportions notables, caries chocs même de courte durée (ceux produits à chaque appui des pieds, par exemple) sont nuisibles à la bonne utilisation des forces mécaniques. En effet, une force de très courte durée, appliquée à une masse, ne produit qu'un choc, incapable de la déplacer. Mais ce même choc, s'il s'exerce au moyen d'un intermédiaire élastique, se transforme en un acte de plus longue durée, et, sans qu'il ait ajouté en rien à la qualité du mouvement, il devient capable de produire du travail.