CHAPITRE VIII m
elles sont restées exactement sur la même voie où elles se trouvaient d'abord. La voiture, pendant ce mouvement, a occupé le moins d'espace possible. Dans le second cas, c'est-à-dire quand le timon forme un angle de quarante-cinq degrés avec l'axe des roues de derrière, il donne l'impulsion à une seule de ces roues, tandis que l'autre s'immobilise; d'où il résulte, lorsque la conversion est faite, que la caisse de la voiture a pris toute sa largeur à droite ou à gauche, selon le côté où la conversion s'est exécutée. Par exemple, si, plaçant mes chevaux à droite, je fais une conversion à gauche, la roue droite se sera immobilisée, et la gauche, tournant autour d'elle, aura pris du terrain à la droite de la position première qu'occupait la voiture. C'est au moyen de ces retraites circulaires qu'on remise et qu'en un mot, on peut placer sa voiture dans les embarras de tout genre. Les bout pour bout se font le plus ordinairement lorsque, placée à une main près d'une porte cochère, une voiture doit immédiatement se représenter à l'autre; alor^, au lieu d'une longue évolution, le cocherfait les mouvements suivants : je suppose sa voiture placée parallèlement à une porte qui est à sa droite ; il veut l'avoir à sa gauche ; il se dégage, en obliquant à gauche de quelques pas, assez pour mettre entre sa roue droite de derrière et le bord du trottoir la largeur de sa voiture, puis inclinant ses chevaux à droite, de manière à immobiliser sa roue droite comme je viens de l'expliquer, il recule ses chevaux, qui, soit dit en passant, doivent traverser aussi bien qu'ils reculent, et il les arrête lorsque sa caisse est placée parallèlement au trottoir. Il ne lui reste plus alors qu'à redresser son timon. Comme l'inclinaison du timon peut se modifier
112 CHAPITRE Vin
selon la largeur de la voiture, chaque cocher doit étudier et avoir pour ainsi dire dans l'œil l'angle qu'il doit former pour immobiliser une de ses roues, car le système de mobilisation des deux roues sur un même cercle est presque toujours inapplicable, surtout dans le cas que nous venons de décrire.
« La retraite entière, c'est le reculer direct, qui, comme nous l'avons dit, doit s'obtenir pas à pas, sous peine de devenir dangereux. On appelle louvoyer^ faire des demiretraites très étroites, et limitées par la position même qu'on occupe. Par exemple, je me trouve serré dans une file et je ne puis me dégager qu'en gagnant sur ma droite quelques centimètres indispensables à tout mouvement; je ne puis donc incliner mes chevaux que très faiblement, et par conséquent l'obliquité de mon reculer est presque insensible. Mais comme j'ai obtenu trois ou cinq centimètres (un ou deux pouces) par ma retraite, je reporte mes chevaux en avant, et, au moyen d'une seconde oblique qui me devient plus facile, je ne tarde pas à obtenir ce que je voulais, puisque chaque inclinaison de flèche, combinée avec un pas de reculer^ doit amener une déviation des roues postérieures. »
Recommandations diverses, pour le ménage d'un cheval, de deux chevaux, sur la route et en ville :
Un bon cocher devra arrêter le long du trottoir, du côté le plus commode pour la personne qui monte en voiture; il évitera de racler le trottoir avec les roues, de façon à ne pas en abîmer le vernis.
S'il ne peut aborder convenablement par un oblique, il s'approchera le plus possible et se rangera par une re-